L’impact de Solvabilité 2 sur la gestion d’actifs en France sera majeur
Face aux enjeux nés plus directement de la crise, particulièrement Solvabilité 2, ceux découlant de la mise en œuvre de la directive Ucits 4 pourraient bien faire pâle figure aux yeux des gestionnaires d’actifs présents en France, selon le sentiment recueilli auprès de ces derniers par RBC Dexia Investor Services et amGroup dans une étude qualitative publiée ce jour.
Certes les fonds Ucits 3 répondaient déjà en partie aux exigences croissantes des investisseurs en termes de transparence et de liquidité. Les avis sont partagés quant aux apports complémentaires du nouveau régime. L’un des professionnels «indifférents», évoquant les opportunités de distribution à travers le continent, avance qu’«Ucits 4 est vraiment un non-événement. Nous sommes déjà partout». Si un professionnel du secteur estime que la nouvelle règle du jeu va «accélérer la reconfiguration du secteur … vers une industrie classique», un de ses confrères doute que ce changement de cadre puisse développer le marché. Un avis partagé par un professionnel assénant que d’ores et déjà la gestion «est un marché où il y a plus de vendeurs que d’acheteurs».
Quant à la création du document d’information clé pour l’investisseur, un professionnel n’hésite pas à lancer que «c’est une bonne idée au départ mais cela coûte très cher pour des papiers qui vont finir à la poubelle». Les gestionnaires d’actifs reconnaissent pourtant que la directive devrait favoriser «une rationalisation des gammes de fonds, et de fait, engendrer des économies d’échelle».
Mais ils semblent bien plus préoccupés par l’impact de Solvabilité 2 et Bâle 3, qui «en augmentant drastiquement le coût de détention des actifs risqués» ne manqueront pas de «faire chuter les encours détenus en actions chez la majeure partie des investisseurs institutionnels français». Des investisseurs «plus royalistes que le roi» selon un répondant, et qui auraient déjà engagé le mouvement pour être «irréprochables». Un autre professionnel de la gestion s’alarme en effet qu’en France «76% des encours institutionnels sont concernés par Solvabilité 2 étant donné le poids des assureurs». Un argument qui pénalise davantage encore les acteurs étrangers, plus présents sur les actions que leurs concurrents français. Certains pourraient tout simplement tirer leur révérence.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché des outils au service de la RSE des entreprises marque le pas
Il pâtit de l’allègement de la directive reporting CSRD, quand bien même les plus grandes entreprises gardent le cap du développement durable, selon l’enquête du cabinet AdVaes. -
Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
La présidente de l'autorité monétaire pourrait s'impliquer dans la campagne française, notamment si «une perspective réductrice de l'ancrage français au sein de l'Europe» s'installait dans le débat. -
La liste des acteurs crypto PSAN mise à jour post-MiCA
En France, l'Autorité des Marchés Financiers a enregistré plus de 200 sociétés Prestataires de Services sur Actifs Numériques (PSAN) depuis 2023. Avec l'arrivée de la réglementation européenne MiCA, le régulateur français a octroyé seulement une trentaine d'agréments. La plupart des PSAN ont arrêté leurs activités ; d'autres ont été agréés dans d'autres pays. -
Claire Balva (Adan) : «Il est trop tôt pour dire que la réglementation MiCA a été bénéfique pour l'industrie crypto»
Sur plus de 200 fintechs enregistrées auprès de l'Autorité des Marchés Financiers ces trois dernières années, seule une trentaine ont été agréées MiCA. Claire Balva, présidente de l'Adan, principal lobby crypto en Europe, nous livre ses conclusions au lendemain de la date limite du règlement. -
Seulement 6% des entreprises crypto européennes ont été agréées
À l'échelle européenne, 300 sociétés ont été agréées MiCA. En 2023, 5.000 acteurs crypto étaient enregistrés auprès de l'autorité européenne des marchés financiers. -
Acquisitions, fermetures, derniers espoirs : le couperet de MiCA est tombé
Le règlement européen MiCA a nettoyé le marché crypto. En France, 31 agréments ont été accordés, contre plus de 200 acteurs enregistrés auprès du régulateur ces trois dernières années. Pourtant, les mariages ont été rares dans le secteur ces dernières semaines et les fermetures se sont déroulées discrètement.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Aymeric Oudin (Adereim) «Le logement ne peut plus être considéré comme un placement passif»
Contenu de nos partenaires
-
TribuneL'IA transforme l'électricité en intelligence – par Philippe Corrot
L'IA qui transforme l'électricité en intelligence, voici la plus grande source de progrès à venir. Les data centers avalent des mégawatts et restituent du raisonnement, de l'analyse, des décisions. Pour la première fois, l'intelligence devient une ressource industrielle, produite à la demande sans limite -
Canicule : au moins 2 025 morts supplémentaires enregistrés pendant la semaine du 22 juin
Selon un nouveau bilan provisoire de Santé publique France, 2 025 décès ont été recensés la semaine du 22 juin par rapport à la semaine du 15 juin. -
« Une dérive vers un capitalisme d’Etat » : OpenAI négocie avec l’État américain une entrée à son capital
Le PDG de la société américaine d'intelligence artificielle discute avec Washington pour céder 5 % de ses parts dans un contexte inédit où la Maison Blanche étend son emprise sur la tech sous couvert de sécurité nationale et d’intérêt public