«L’impact de l’assouplissement quantitatif est ambigu pour les banques»
- L’Agefi : Quel va être l’impact du QE sur la dette bancaire?
- Raphaël Chemla : Les obligations bancaires, les subordonnées en particulier, ont déjà grandement bénéficié de l’annonce du QE européen. Elles offrent des rendements supérieurs dans un environnement de taux proches de zéro. D’un point de vue fondamental, l’impact du QE est plus ambigu. Pour les banques qui souffrent encore de coûts de financement élevés, le QE devrait aider à faire baisser les primes de risque et les marges d’intérêts. De plus, les banques détiennent des actifs à effet de levier qui devraient s’apprécier avec le QE. Celui-ci va maintenir les taux au plus bas et faire s’aplatir leurs courbes pour une longue période. Il mettra les marges des banques, ainsi que celles des gestions d’actifs et assureurs affiliés à ces banques, sous pression. Maintenir leurs marges sera donc un véritable challenge ou il leur faudra évoluer d’un business de marge vers un business de commissions. La sélectivité est la clé pour ne retenir que les banques qui sauront s’adapter à cet environnement de taux bas.
- L’engouement pour le high yield est-il durable?
- Le high yield offre les rendements les plus élevés de l’univers obligataire. Il est d’autant plus attractif en Europe que la croissance et l’inflation y sont faibles et que l’action de la BCE devrait venir les stimuler. Le marché n’est plus un marché de niche : il s’élève aujourd’hui à plus de 400 milliards d’euros et le marché primaire est très dynamique. Les taux de défaut des entreprises devraient rester bas à moyen terme (2-3 %). Les entreprises sont en train de refinancer leurs dettes obligataires sur des horizons 2021-2025 en repoussant leur mur de maturités. L’engouement devrait être durable dans ce contexte.
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