L’impact de la BCE sur les points morts d’inflation reste limité
Les obligations indexées sur l’inflation européenne (linkers) retrouvent quelques couleurs depuis l’annonce par la BCE de l’extension du programme de rachats d’actifs aux obligations d’Etat. «La perspective d’un full QE a constitué un grand soulagement pour le marché des linkers européens», indique Natixis. Depuis leurs plus bas de début janvier, les points morts ont rebondi de 25 pb pour remonter à 0,84% sur les indexées allemandes à 10 ans, de 20 pb à 0,93% en France, de 22 pb à 1,03% en Espagne, et de 33 pb à 0,95% en Italie. Ils restent néanmoins inférieurs d’environ 80 pb à leur moyenne des cinq dernières années.
Le désencrage des anticipations d’inflation reste de mise, le taux de swap inflation euro 5 ans dans 5 ans ayant certes repris 20 pb en une semaine depuis son plus bas de 1,48% atteint mi-janvier. Mais il est depuis revenu à 1,58% malgré l’annonce effective du QE de la BCE et la levée de l’incertitude sur l’inclusion des linkers dans le programme. Un niveau qui reste inférieur de 70 pb à sa moyenne de 5 ans, et loin de son objectif des 2% à moyen terme. «Le marché est, et c’est compréhensible, indécis quant à l’impact que le QE aura sur le niveau absolu de l’inflation dans le futur», explique Barclays.
Avec la baisse du prix du pétrole de 2014 qui devrait sortir des prix à partir de juin et une poursuite de la baisse de l’euro, Natixis anticipe un point bas de l’inflation en zone euro à -0,8% en mars avant une remontée à 0,1% en juin, 1,3% en fin d’année et 2,1% en mars 2016. Un scénario qui permettrait théoriquement au swap inflation 10 ans de revenir vers 1,8%. «Mais c’est surtout l’augmentation de la demande de crédit qui sera déterminante pour juger de l’efficacité de la transmission de la politique monétaire aux anticipations d’inflation», estime Marion Le Morhedec, gérante chez Axa IM.
Reste que le début des rachats de linkers par les banques centrales nationales à un rythme estimé à 3 milliards d’euros à partir mars devrait avoir un effet mécanique à la hausse sur les points morts. «La liquidité du marché devrait également s’améliorer à partir du mois d’avril grâce aux effets de portage plus favorables, alors que les Trésors nationaux devraient se montrer plus actifs avec des réouvertures de lignes d’obligations indexées», ajoute Marion Le Morhedec. Les marchés français et italiens devraient en être les principaux bénéficiaires compte tenu de leur taille relative plus importante.
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