L’immobilier espagnol accélère sa correction
Selon l’Institut national des statistiques (INE), les logements en Espagne ont perdu 14,4% de leur valeur au deuxième trimestre 2012 par rapport à l’année dernière. Si l’on compare cette donnée avec celle de 2008, lorsque le prix du mètre carré était à son niveau le plus élevé, la chute est encore plus importante. Un rapport du ministère du Logement publié en début d’année révèle que depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, les prix des logements ont reculé de 19%. Selon l’INE, c’est au second trimestre 2008 que les valeurs immobilières ont commencé à baisser de 0,3%.
En août 2012, le portail de l’immobilier Idealista chiffrait à 360 milliards la perte de la valeur du parc immobilier espagnol entre 2008 et 2010, estimé à plus de 5.300 milliards d’euros en 2008, sur la base d’une étude réalisée par BBVA et l’Institut de recherches économiques de Valence (IVIE).
La création de la «bad bank», chargée d’aider les banques, devenues les agences immobilières du pays, à se débarrasser de leurs actifs toxiques, pourrait encore accélérer cette tendance à la baisse. Fernando Encinar, directeur d’études d’Idealista estime que cet ajustement est loin d'être achevé. Il souligne que «le stock de logements s’est à peine réduit et les acheteurs ont de meilleures opportunités car les vendeurs commencent à négocier d’importantes remises.»
Trois ans après l'éclatement de la bulle, le stock de logements vides dans la péninsule reste énorme et sera, selon Josep Oliver, professeur d’économie à l’Université de Barcelone, «difficile à liquider dans les prochaines années». Dans une étude réalisée pour Caixa Catalunya, il parle de 818.000 logements non vendus, soit 3,2% de l’ensemble du parc immobilier.
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