L’immobilier d’entreprise signe un rebond qui s’annonce temporaire
Le marché de l’investissement ne montre pas encore de signes de ralentissement, mais l’incertitude domine pour 2012
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Violaine Le Gall
Le marché des utilisateurs a connu un troisième trimestre exceptionnel. Le volume de la demande placée a représenté 787.000 m², la surface la plus importante depuis fin 2006, d’après Immostat-IPD. En cause, la finalisation de plusieurs opérations de grande taille initiées l’an dernier ou début 2011. La construction du siège de SFR à Saint-Denis sur 124.000 m² a par exemple été comptabilisée au troisième trimestre.
La fin de l’année marquera cependant un retour à la normale. Avec 1,96 million de m² placés sur les neuf premiers mois de l’année, BNP Paribas Real Estate Research table sur un volume de 2,3 à 2,4 millions pour 2011, contre 2,15 millions l’an dernier. «La demande reste fragile et les délais de négociation s’allongent toujours. Les utilisateurs sont attentistes et ont du mal à se décider», observe Marc-Henri Bladier, directeur général de l’activité bureaux chez CB Richard Ellis. Pour 2012, «dans un contexte très instable, (…) la visibilité est difficile», ajoute-t-il.
L’investissement en immobilier d’entreprise n’a pas, pour le moment, trop pâti de la crise de la dette souveraine. Sur neuf mois, le volume est en hausse de 31% à 5,9 milliards d’euros. Surtout, «les montants investis dans les opérations de Vefa (ventes en l'état futur d’achèvement) a doublé par rapport aux neuf premiers mois de 2010», pointe Virginie Houzé, directeur études et recherche chez Jones Lang LaSalle. Au total, les engagements en Ile-de France «devraient être supérieurs à ceux de 2010 (8,7 milliards d’euros) notamment parce que certains acteurs souhaitent vendre leurs actifs d’ici la fin de l’année», avant l’arrêt des incitations à la cession d’actifs à des OPCI ou à des SIIC. La prudence des investisseurs, et le resserrement du financement, devraient en revanche se faire ressentir en 2012.
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