L’idée d’une réduction significative du taux de l’EFSF émerge
Alors que l’accroissement de la taille et du périmètre d’intervention du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) fait cogiter les grands argentiers, certains économistes appellent à une réduction du taux d’intérêt que doivent payer les pays en difficulté, notamment l’Irlande, sur les liquidités prêtées par les Etats-membres ayant participé à l’aide financière.
«Il serait raisonnable d’abaisser les coûts de financement actuellement facturés de 200 à 300 points de base, ce qui permettrait d’offrir un soutien financier indirect aux pays périphériques en besoin d’une telle assistance», précise Barclays dans une note. Pour les économistes de JPMorgan, l’Europe devrait réduire le taux d’intérêt d’urgence de 50% pour aider l’Irlande, soit environ 250 pb. Ces derniers estiment, d’une manière générale, que les niveaux des taux actuels ne permettent pas de sortir de crise sans qu’il y ait de restructuration des dettes gouvernementales.
Alors que certains sur les marchés voient l’EFSF [noté AAA comme le mécanisme européen de stabilisation financière (EFSM), ndlr] émettre entre 20 à 25 milliards d’euros de dette pour financer son aide à l’Irlande, le souverain périphérique, lui, pourrait payer au total au moins 5,515% d’intérêts sur les montants prêtés.
La facilité se présentera sur le marché primaire en tant que nouvel émetteur pour placer une obligation similaire à celle récemment placée par l’EFSM. Le mécanisme a émis une dette à 5 ans de coupon 2,5%, soit un rendement offert absolu de 2,59%. A cela s’ajouterait une charge supplémentaire de 292,5 pb appliquée par l’UE uniquement dans le cas irlandais et une éventuelle prime à l’émission sur la dette EFSF. Celle-ci tiendrait compte du fait qu’elle est adossée à des garanties individuelles des Etats membres de l’UE, contrairement à celle de l’EFSM qui est adossée à une garantie conjointe des 27 Etats-membres. Une première tranche est prévue à la fin janvier.
Pour Barclays, la baisse des coûts de financement pourrait permettre de rendre les coûts de financement du FMI et de l’UE comparables. «La décote pourrait être au minimum, globalement similaire à la charge récoltée par le FMI sur un prêt en excès de son quota pays: dans les cas de la Grèce et l’Irlande, cela s’élèverait à 200-300 pb», note l’établissement.
Plus d'articles du même thème
-
La France conserve dans la douleur le leadership de l’attractivité en Europe
Bien qu'en tête du classement, la France accuse une perte de 17 % du nombre de projets d'investissements directs étrangers accueillis en 2025, contre un recul de 7 % en Europe. -
Ubisoft s'attend à une nouvelle année difficile
L'entreprise de jeux vidéos a annoncé des prévisions en baisse en attendant des sorties de jeux plus importantes lors de son année 2027-2028. -
Le marché de l’immobilier de bureaux piétine toujours
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à part dans le quartier de La Défense où elles semblent repartir. Le marché européen suit à peu près les mêmes tendances. -
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux. -
Les fonctions risques et assurances parlent encore trop peu la même langue
Une étude de Kyu et de l’Amrae met en lumière une juxtaposition des fonctions et non une coopération. -
Commerzbank met en scène sa riposte à UniCredit, qui poursuit ses achats
Lors de son assemblée générale, la banque allemande a clamé haut et fort son opposition au projet de rachat par sa concurrente italienne. De son côté, UniCredit continue à acheter des produits dérivés, à défaut de convaincre les actionnaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF RévélationOpération vérité sur les retraites des fonctionnaires
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, veut bouleverser la présentation des comptes de l'Etat pour mieux faire apparaître le vrai coût financier de la retraite des fonctionnaires. Voici comment -
MéfiancePourquoi le deal commercial entre les Européens et Trump demeure fragile
La procédure avance du côté européen mais des embardées ne sont pas exclues, loin de là -
PortraitRetraites : Jean-Pascal Beaufret, le choix de la plume face à « un déni de réalité »
L’ancien inspecteur des Finances alerte depuis 2022 sur le manque de transparence des comptes publics. Rare voix à s’élever sur le sujet, sa thèse suscite la curiosité de la classe politique.