L’idée d’une hausse des taux britanniques en 2011 prend forme
La Banque d’Angleterre (BoE) choisira jeudi le statu quo monétaire, avec des taux directeurs et un plan de rachats d’actifs inchangés, à 0,50% et 200 milliards de livres respectivement. Mais quelques-uns, dans le marché, commencent à défendre le scénario d’une hausse des taux en 2011.
Le niveau général des prix outre-Manche est ressorti à 3,3% en rythme annuel, contre une cible à 2%. En septembre 2009, il flirtait avec un plancher de 1,1%. Au regard de ces pressions inflationnistes, certaines banques ont changé leur fusil d’épaule. Tandis que Barclays croit depuis des mois à une hausse des taux britanniques au dernier trimestre 2011, BNP Paribas et SG CIB anticipent désormais un resserrement monétaire avant la fin de l’année.
«Pendant un bon moment, nous ne jouions pas une hausse des taux de la BoE cette année au vu de la croissance décevante du PIB, note BNP Paribas. Toutefois, nous tablons sur un indice des prix en hausse, au-dessus des 4 % en février, ce qui devrait pousser les anticipations d’inflation à la hausse et peser sur les négociations salariales de la fin 2011». Alors que le relèvement de la TVA britannique mardi de 17,5% à 20% devrait alimenter les pressions inflationnistes en janvier, Nomura anticipe une inflation à un pic de 3,9 % le mois prochain.
Selon SG CIB, les membres de la BoE sont à court d’excuses par rapport à la situation actuelle marquée par une inflation qui continue de dépasser la cible. «Bien qu’il y ait beaucoup de raisons “mécaniques” au taux actuel élevé de l’inflation les pressions sur l’inflation sous-jacente sont restées contre toute attente élevés au sortir de la récession», souligne l’institution. Cette dernière estime que cette situation affecte désormais les anticipations d’inflation à moyen terme, ce qui devrait forcer la BoE à relever ses taux de 50 pb à 1% à l’issue de la réunion du 4 août 2011 et de 50 pb à 1,50% à l’issue de celle du 10 novembre 2011. La précédente prévision de la banque française était celle d’un maintien des taux jusqu’au deuxième trimestre 2012.
Il reste qu’avec une prévision de croissance de l'économie britannique évoluant entre 1,8-1,9% cette année, et un programme d’austérité conséquent, la Banque d’Angleterre a toutes les raisons d’attendre. D’autant que le marché immobilier reste orienté à la baisse, avec des prix en recul de 1,3% en décembre et de 3,4% sur un an selon Halifax.
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