Libéraux et travaillistes néerlandais forment une coalition favorable à l’austérité
Aux Pays-Bas, les libéraux du Premier ministre Mark Rutte et les travaillistes ont scellé un accord de coalition beaucoup plus rapidement que prévu, se rejoignant sur la nécessité d’une discipline budgétaire renforcée. Les élections législatives du 12 septembre dernier avaient propulsé les travaillistes, menés par leur chef Diederik Samson, en seconde position derrière les libéraux. Les négociations avaient débuté neuf jours après le vote.
L’accord entériné entre les deux formations porte sur 16 milliards d’euros d'économies au cours des quatre prochaines années. Des compromis ont émergé de part et d’autre. Ainsi, les travaillistes ont accepté le relèvement de l'âge de départ en retraite à 67 ans en 2021, contre 65 actuellement. De leur côté, les libéraux ont donné leur aval à la réduction d’un avantage fiscal sur les prêts immobiliers, qui profitait surtout aux contribuables les plus aisés.
«La croissance économique est à un niveau structurellement plus bas et nous ne pouvons pas transmettre la facture aux générations futures», a justifié Mark Rutte lors de la présentation de l’accord à La Haye. Toujours dans le cercle restreint des pays notés AAA, les Pays-Bas ont déjà lancé un programme d’austérité de 12 milliards d’euros dévoilé en avril. Mais face à la dégradation de la conjoncture, le remède n’a pas été jugé assez puissant. Le tour de vis supplémentaire annoncé hier vise à ramener le déficit budgétaire à 1,5% du PIB d’ici à 2017 après un pic à 2,7% du PIB en 2014. L’effort coûtera 0,2 point de pourcentage par an durant quatre ans à la croissance, alors que le pays souffre d’une montée du chômage.
Alors que les parlementaires libéraux ont soutenu l’accord dès hier, les travaillistes s’exprimeront le 3 novembre à l’occasion d’une convention du parti. Mark Rutte va s’atteler sans attendre à la formation d’un nouveau gouvernement. Celui-ci pourrait être officiellement instauré la semaine prochaine. Le député travailliste Jeroen Dijsselbloem est pressenti à la tête du ministère des Finances pour remplacer Jan Kees de Jager. Il s’agira en tout cas d’une grande première dans l’histoire politique des Pays-Bas. Jamais les deux partis n’avaient encore réussi à se mettre d’accord pour former un gouvernement commun.
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