L’horizon s’éclaircit momentanément sur les marchés actions en Europe
En dépit d’une saison de publications de résultats décevante en Europe, traduisant la dégradation de l’environnement économique sur le Vieux Continent, les marchés ont rebondi violemment durant l’été, profitant du soutien cette fois-ci indéfectible de la BCE. En réponse au stress accumulé tout au long du premier semestre, les marchés actions les plus pénalisés jusque-là ont bénéficié du tassement des taux d’intérêt (le rendement à 3 ans espagnol passant de 7,6% à 3,7%).
Au bout du compte, le taux d’intérêt à 10 ans de la zone euro pondéré du poids de la dette des Etats est passé de 4,75% au début de l’été à 4,1% aujourd’hui, libérant mécaniquement +12% de potentiel de hausse pour les actifs risqués de la zone et contrebalançant l’impact négatif de la faiblesse de la microéconomie.
Que va-t-il désormais se passer ? Cela dépendra essentiellement de la capacité de la Banque centrale européenne à créer un choc positif sur la confiance des agents privés (ménages et entreprises) de la zone, les poussant à investir ou à consommer à nouveau.
Malheureusement, ce n’est pas notre scénario central. En s’engageant dans la multiplication de politiques économiques non coopératives dont le centre est la baisse du coût du travail, le Vieux Continent prend le risque de faire diminuer la taille du gâteau à se partager en mettant une pression insoutenable sur la demande privée, sans laquelle il ne peut y avoir de croissance (les dépenses des ménages représentent 60% du PIB). Dans ces conditions, et en dépit du soutien primordial de la BCE qui éloigne quasi définitivement le risque de crise cardiaque dans la zone, nous considérons toujours que les marchés actions européens restent dans un environnement propice à une évolution en forme de tôle ondulée à la japonaise à moyen terme.
A plus court terme, comme on le constate sur le graphique ci-joint, l’intensité et la durée de la hausse débutée au début du mois de juin atteignent des niveaux tels qu’il devient de moins en moins probable selon nos indicateurs de marché que celle-ci se prolonge sans connaître de correction d’au moins -5%. Il convient donc de rester prudent malgré des politiques monétaires extrêmement agressives.
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