L’horizon de financement de la Grèce d’ici à juin reste à éclaircir
Un pays sous programme d’aide internationale, mais encore privé de financement. Telle est la situation paradoxale de la Grèce après l’accord préliminaire trouvé mardi avec ses créanciers. Athènes a jusqu’à fin avril pour préciser la liste de réformes transmises cette semaine à ses partenaires de la zone euro. Seule une validation définitive et l’achèvement de la revue du programme actuel permettront de débloquer les 7,2 milliards d’euros qui restent à verser au pays dans ce cadre.
Dans l’intervalle, le financement de la Grèce reste nébuleux. «Cela veut dire que le Trésor grec pourrait se trouver à court de cash dans les semaines qui viennent», rappelle Alberto Gallo, stratégiste chez RBS. Le pays a près de 6 milliards d’euros à rembourser en mars, puis environ 3 milliards en avril et 2 milliards en mai, la grande majorité sous forme de bons du Trésor qu’il se contente de refinancer.
Dans le même temps, la situation des finances publiques s’est dégradée ces dernières semaines. «L’économie a eu un accès de faiblesse et est peut-être retombée en récession; les recettes fiscales ont fortement baissé au risque de faire retourner le pays en déficit primaire», énumère David Mackie, économiste chez JPMorgan. Hier, Athènes a fait état de recettes d’impôt direct de 36% inférieures à son objectif en janvier. Selon la presse locale, la perspective d’une victoire de Syriza aurait poussé certains Grecs à décaler le paiement de leurs impôts et taxes. L’excédent primaire de l’administration centrale a atteint 443 millions pour le mois, alors que la cible était trois fois plus élevée.
Dès hier, les négociations entre Athènes, le FMI et l’UE ont donc repris sur la couverture des besoins de financement immédiats du pays. La solution la plus simple pour Athènes serait de relever la limite de son stock de bons du Trésor, fixée par la BCE à 15 milliards d’euros, et de s’appuyer sur ses banques pour refinancer ses T-bills. Les autres options sont plus douloureuses ou difficiles à atteindre: accroître les arriérés de paiement de l’Etat, pomper la trésorerie des entreprises publiques, compter sur des recettes de privatisation ou obtenir du FMI un délai de grâce sur ses prêts.
Pour l’heure, l’Eurogroupe a simplement promis de soutenir la Grèce «tant qu’elle honore ses engagements». «La Grèce reste dépendante des décisions de la troïka, même sous un nom différent», résume Alberto Gallo.
Plus d'articles du même thème
-
La purge des stratégies «momentum» se poursuit
Le renversement du «momentum trade» en juillet sur les semi-conducteurs, après un semestre d'excès, profite à d'autres stratégies. Les valeurs décotées et à faible volatilité prennent leur revanche. -
UBS affiche de nouveaux encours records en gestion d'actifs
La banque suisse a collecté plus de 6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Elle gérait 2.228 milliards de dollars à fin juin. -
CMA CGM finalise l'ouverture du capital de certains de ses ports à la société de gestion Stonepeak
L'opération qui passe par la création d'une coentreprise avait été annoncée en janvier 2026 pour une valorisation de près de 10 milliards de dollars. -
QIC cède un opérateur australien de gazoducs à Morgan Stanley IM
Queensland Investment Corporation (QIC) a vendu Epic Energy, un opérateur de gazoducs en Australie-Méridionale, à Morgan Stanley Investment Management. -
Aberdeen déçoit sur sa collecte et baisse en Bourse
La société de gestion britannique a décollecté 3 milliards de livres sterling sur le premier semestre 2026 alors que les analystes tablaient sur une collecte positive. -
Le marché salue les performances de Deutsche Bank au deuxième trimestre
La banque allemande a publié un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026 et juge le second semestre bien engagé. Le contexte domestique, entre réforme des retraites et relance des investissements dans les infrastructures et dans l'armement, devrait amener le groupe à dépasser les objectifs fixés pour 2028.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
« Ne touchez pas à notre sport » : pourquoi le monde du foot se soulève-t-il contre la Fifa et son président ?
Gianni Infantino, président de la Fifa, veut créer une filiale pour gérer les droits médias et commerciaux des compétitions et l’ouvrir à des investisseurs extérieurs, notamment à des proches de Trump -
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions