L’extrême droite rate sa cible aux Pays-Bas, les marchés rassurés
En recul mais toujours devant l’extrême droite. Selon les premiers décomptes partiels publiés mercredi soir et affinés jeudi matin, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) du Premier ministre néerlandais Mark Rutte obtiendrait 33 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement. C’est huit sièges de moins que lors des précédentes législatives en 2012, mais c’est nettement plus que le Parti pour la liberté (PVV), eurosceptique et islamophobe de Geert Wilders (20 sièges, en progression de 5 sièges). L’Appel chrétien-démocrate progresse quant à lui de 6 sièges (19), les Démocrates de 7 sièges (19) et la Gauche verte de 10 sièges (14). Le Parti travailliste s’effondre quant à lui en passant de 38 à 9 sièges.
Une coalition devrait désormais être établie entre les différents partis, à laquelle Geert Wilders s’est proposé de participer. Les leaders des autres partis ont toutefois indiqué qu’ils refuseraient de faire entrer le leader du PVV au sein de leur coalition.
Les marchés affichaient une nette satisfaction jeudi matin à la suite des résultats de l'élection hollandaise et à la décision de hausse de taux de la Fed d’un quart de point hier soir, la plupart des Bourses européennes ouvrant dans le vert. L’Euro STOXX 600 affichait un plus haut niveau depuis décembre 2015, en hausse de 0,5%. Le DAX allemand progressait de 1,12%, le FTSE100 britannique de 0,52% et le FTSE MIB italien de 1,18%. A Paris, le CAC40 ouvrait en légère hausse à 0,82%.
Le rendement de l’obligation française à dix ans touchait une plus bas niveau depuis un mois, dans un effet d’optimisme lié aux prochaines élections présidentielles françaises. Même si dans les faits ce scrutin n’a - en dehors de l’effet d’entraînement qu’aurait pu enclencher une victoire du parti extrêmiste hollandais - aucune influence sur l'échéance électorale à venir. L'écart de rendement avec l’Allemagne passait sous les 60 points de base, pour la première fois depuis le 6 mars. Ce spread, très surveillé sur les marchés, avait atteint 83,5 points de base en février avec une dette française sous pression en raison de sondages montrant Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle.
Sur le marché des changes, ce résultat a dopé l’euro, qui a grimpé jusqu'à 1,0740 dollar, son plus haut niveau depuis début février, pour se stabiliser ensuite autour de 1,0710 dollar.
Cet optimisme des marchés suit également le mouvement de hausse des taux d’intérêts de la Réserve fédérale américaine qui a fait passer le loyer de l’argent dans une fourchette comprise entre 0,75% et 1%. La Fed a indiqué à nouveau qu’elle s’attendait à deux autres hausses de taux cette année et à trois l’an prochain.
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