L’exécution budgétaire britannique dérape en novembre
Le déficit budgétaire s’est creusé beaucoup plus fortement que prévu au Royaume-Uni en novembre dernier. D’après l’office national de la statistique (ONS), il a atteint 22,8 milliards de livres sterling (soit 26,9 milliards d’euros), contre 16,7 milliards l’an dernier et 16,8 milliards attendus par les économistes sondés par Bloomberg. Le déficit budgétaire excluant les interventions dans le système financier a suivi une évolution comparable. Cette contre-performance est préoccupante car elle efface quasiment les économies réalisées depuis le début de l’année fiscale, le 1er avril dernier.
L’augmentation des dépenses du gouvernement, de 4 milliards, et des administrations locales, de 2 milliards, ont particulièrement pesé sur le budget le mois dernier. Parallèlement, les recettes fiscales ont enregistré une progression plus modeste, de 3,1%, la plus faible depuis décembre dernier.
La hausse soudaine des dépenses soulève la question de la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs en matière de réduction des déficits. Il cible un déficit budgétaire à 148 milliards de livres pour cette année fiscale qui se terminera fin mars. Pour l’instant, le déficit s’élève à environ 100 milliards. Il est pour l’heure encore difficile de dire si le gouvernement parviendra à tenir ses engagements car les rentrées fiscales sont volatiles. Janvier sera un mois-test pour les recettes liées à l’impôt sur le revenu et à l’impôt sur les sociétés, explique Ross Walker, économiste chez RBS. En extrapolant le déficit à fin novembre, les économistes s’attendent à un déficit sur l’année proche de l’objectif.
«Autrement dit, l’objectif du gouvernement peut être atteint, mais il ne peut pas se permettre d’autre dérapage de cette amplitude», explique Eoni O’Callaghan, économiste chez BNP Paribas. Pour RBS, la publication d’hier de l’ONS montre que le gouvernement doit avant tout atteindre ses objectifs en matière de réduction des dépenses, les recettes étant plus volatiles et moins contrôlables. Compte tenu des objectifs ambitieux de réduction des déficits d’ici à 2014, le plus gros de l’effort reste à venir et ce serait un immense pari de compter sur une amélioration des revenus basée sur un retournement du cycle économique, estime Ross Walker.
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