L'évolution du dollar et celle du pétrole restent étroitement liées
Sur une semaine, le dollar a repris 1,5 % face à l’euro, tandis que le pétrole reculait de 9 %. Preuve que l’or noir a servi de produit de couverture
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Tân Le Quang
Le vent a changé de direction sur les marchés financiers depuis la dernière baisse des taux de la Fed, comme en témoigne le renforcement brutal du dollar et l’effondrement du prix du pétrole. L’euro/dollar, qui s’est replié la semaine dernière de 1,5 %, s’échangeait lundi à 1,5380, contre 1,5674 sept jours auparavant. Ce regain de vigueur du billet vert, qui indique que la politique de la Fed visant à restaurer la confiance dans le système bancaire américain commence à porter ses fruits, a fait chuter de 9 % le prix de l’or noir, le brut américain, livraison mai, s’affichait lundi à 101,38 dollars.
Depuis l’éclatement de la crise financière l’été dernier, l’or noir a endossé, à l’instar de la plupart des matières premières, le statut de valeur refuge et d’actif de couverture contre l’inflation et la baisse du billet vert, expliquant ainsi la corrélation négative entre prix du pétrole et cours du dollar face à l’euro. De septembre 2007 à mi-mars 2008, le prix du baril a augmenté de 37,5 % soutenu par l’accroissement des positions spéculatives. Simultanément, le dollar, lui, se dépréciait de 13,2 % vis-à-vis de l’euro.
Alors que le marché n’anticipe plus que 25 à 50 pb de baisse des Fed funds d’ici à fin décembre, ce qui limiterait le potentiel de dépréciation de la monnaie américaine, le retour aux fondamentaux et les craintes des répercussions du ralentissement économique outre-Atlantique sur la demande de pétrole laissent anticiper une poursuite de la correction. De fait, 29 des 34 analystes interrogés par Bloomberg, soit près de 85 % du panel ont déclaré s’attendre à une baisse des prix de l’or noir, laissant entrevoir en parallèle une reprise pour le dollar.
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