L’Europe va peser sur les résultats trimestriels de Sony-Ericsson
La marge brute stable ne compensera pas la baisse du prix moyen des combinés conjuguée à une pénurie de composants
Publié le
Yves-Marc Le Réour
Grippage en vue pour Sony Ericsson. Alors qu’il faisait encore preuve d’un optimisme prudent en début d’année, le quatrième fabricant mondial de combinés mobiles a émis hier un avertissement sur les ventes et les bénéfices du premier trimestre 2008 en raison d’une baisse des volumes, des prix unitaires et de coûts de R&D plus élevés. «Le ralentissement de la croissance sur les terminaux de moyenne gamme à haut de gamme, où Sony Ericsson est très présent, affecte les ventes», précise la coentreprise suédo-nippone, cet effet était avant tout visible en Europe, marché de remplacement sur lequel le groupe est mieux implanté que dans les autres régions. «De plus, la pénurie de certains composants pour des téléphones de gamme moyenne ont contribué à une croissance modeste des ventes en volume au premier trimestre», explique Sony Ericsson.
Le groupe compte écouler 22 millions de téléphones au cours du premier trimestre 2008, un volume quasi-stable par rapport à la période correspondante de 2007 mais en forte baisse par rapport aux 30,8 millions vendus au cours du dernier trimestre ; quant au prix unitaire moyen d’environ 120 euros, il reculera à la fois par rapport aux 134 euros affichés voici un an et aux 123 euros du dernier trimestre. Si les ventes sont attendues en baisse par rapport aux 2,93 milliards d’euros enregistrés entre janvier et mars 2008, «la marge brute devrait cependant rester relativement stable en rythme annuel», précise Sony-Ericsson. Pénalisé par une hausse des frais de R&D, le bénéfice avant impôts devrait se situer entre 150 et 200 millions d’euros, soit une baisse d’environ 50 % comparativement aux 362 millions dégagés sur la même période de 2007.
Le patron du groupe, Dick Komiyama, juge que le «marché se révèle plein de défis» ; de fait, après l’avertissement de Texas Instrument motivé voici dix jours par une demande de puces pour la téléphonie mobile inférieure aux attentes, «il est naturel que dans un contexte incertain les consommateurs de produits électroniques grand public (…) diffèrent leurs achats ou qu’ils acquièrent des modèles moins chers», estime l’analyste Janne Rantanen chez Carnegie. Le titre Ericsson a logiquement été sanctionné par le marché suite à cette annonce, cédant en clôture près de 8,5 % à 10,5 couronnes, au plus bas depuis juillet 2003, tandis que l’action du leader mondial Nokia a perdu 6 % à 19,2 euros.
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