A l’issue d’une nuit des longs couteaux, dirigeants européens et créanciers privés se sont entendus sur une décote de 50% sur la dette grecque
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A. Duroyon et P. Aussannaire
Conseil de l'union européenne. 26 octobre 2011. Photo: C.union européenne
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C’est officiel, c’est une décote de 50% sur les obligations souveraines grecques que devront encaisser les créanciers privés, a déclaré le président français à l’issue du sommet européen décisif qui se tenait à Bruxelles. A l’issue d’une nuit des longs couteaux impliquant Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel aidés par la présidente du FMI, Christine Lagarde, et le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker venus en renfort, confrontés aux banques créancières représentées par le directeur de l’Institut de la finance internationale (IIF), Charles Dallara, un accord a finalement pu être trouvé permettant d’effacer environ 100 milliards d’euros de dette.
Plus tôt dans l’après-midi, l’IIF indiquait avoir soumis une nouvelle proposition relative à «un échange de dette sur la base du volontariat», sans livrer davantage de précisions. L’objectif était de parvenir à une dette grecque aux alentours de 120% du PIB d’ici 2020. Il est cependant loin de résoudre le problème grec, les créanciers privés ne détenant que 210 milliards sur les 350 milliards d’euros de dette publique du pays.
Rapidement dans la soirée, le compromis sur la recapitalisation du secteur bancaire en débat depuis plusieurs jours a été confirmé. Permettant de constituer un «tampon temporaire», elle s’effectuera sur la base d’un ratio de fonds propres durs de 9% «après prise en compte des expositions aux dettes souveraines à leur valeur de marché au 30 septembre 2011». En outre, le Wall Street Journal évoque la volonté du président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, d’inclure un spectre sensiblement plus large d’obligations convertibles dans la définition du ratio core tier one.
En tenant compte de la perte de valeur à fin septembre des dettes souveraines grecques, irlandaises, portugaises, espagnoles ou encore italiennes, mais aussi des gains constatés sur leurs équivalents allemands ou britanniques, l’Autorité bancaire européenne (EBA) a chiffré à 106 milliards d’euros les besoins du secteur pour atteindre le ratio de 9% le 30 juin prochain au plus tard. Et l’addition est particulièrement lourde pour les banques grecques bien sûr (30 milliards d’euros), mais aussi espagnoles (26 milliards) et italiennes (14,8 milliards). En France, la facture est estimée à 8,8 milliards, en Allemagne, à 5,1 milliards.
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