L’Europe puissance financière est aussi un enjeu clé des élections
Comme le reste de leurs concitoyens, les financiers européens jouent gros avec les élections européennes qui s’ouvrent aujourd’hui.
De la majorité parlementaire qui sortira des urnes dépendra la capacité de l’Union à répondre, au-delà des questions-clés qui intéressent leurs activités propres, aux défis qui commanderont la prospérité future du continent dans son ensemble.
En dépendra d’abord le rang et le rôle que l’Europe veut tenir dans le monde.
Un morcellement des voix ou pis, une nouvelle poussée des nationalistes, qui n’ont pour seul point commun que la haine du projet européen, consacrerait l’affaiblissement du continent face à une puissance qui fut son alliée, les Etats-Unis, et aux régimes autoritaires qui méprisent son modèle d’intégration démocratique, la Russie et la Chine.
Une telle issue interdirait l’émergence d’un indispensable consensus sur les volets capitaux de la politique de l’Union, dont la politique migratoire, l’énergie ou, bien entendu, le commerce.
Le défi climatique appelle des choix fiscaux et industriels coûteux et impopulaires, et les eurosceptiques en tireraient argument pour s’y opposer. Les financiers, de plus en plus sensibles à la cause environnementale, verraient leurs efforts contrariés, sinon stoppés.
Quant au commerce, le maintien d’une majorité europhile solide est cruciale pour imposer, contre les blocs, les intérêts européens. Dans le monde tel qu’il est, il est impératif de ne compter que sur ses propres forces.
L’affrontement sino-américain est inéluctable et les escarmouches entre les deux géants ne sont que les prémices d’une lutte pour la suprématie qui ne fera que s’intensifier. Les investisseurs qui sous-estimeront cette réalité vont vers de cruelles désillusions.
Seule une Europe unie peut éviter la satellisation des pays qui la composent si, par malheur, ils échouaient à maîtriser les forces centrifuges qui les assaillent. Si la sagesse l’emporte, les chantiers plus strictement financiers pourront d’autant mieux être rouverts.
Il est en ainsi, n’en déplaise à la Commission, sauf à condamner le secteur bancaire à une atrophie irrémédiable, de la régulation le concernant, en matière de fonds propres ou de mécanismes de résolution. De même l’union bancaire, encore bien lointaine, devra être relancée.
Plus important peut-être encore, l’achèvement de l’Union des marchés de capitaux devra avoir priorité. Il est moins que jamais, en ce XXIème siècle déjà vieux de 20 ans, de puissance véritable sans puissance financière.
Première puissance économique du monde, L’Europe doit se souvenir qu’elle dispose d’un atout maître, une épargne à proportion. Lui donner enfin un mode de fonctionnement intégré au service de l’économie réelle est une urgence qui ne devrait le céder à aucune autre.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. 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