Afin de supporter une décote alourdie sur la dette grecque, le besoin additionnel en fonds propres s'élèverait à environ 108 milliards d’euros
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Antoine Duroyon
Drapeau européen. Photothèque de la Commission européenne.
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De tous les dossiers posés sur la table des partenaires européens, celui de la recapitalisation des établissements bancaires a probablement été le plus constructif ce week-end à Bruxelles. «Hier (samedi), les ministres des Finances ont fait de bons progrès sur ce sujet. Ils seront en mesure de finaliser les détails mercredi prochain», s’est félicité dimanche le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
A l’issue d’une session marathon de dix heures, les ministres des Finances européens ont évalué à 108 milliards d’euros environ le besoin de recapitalisation dans les six à neuf prochains mois, selon des sources concordantes. Ce chiffre, qui inclurait 46 milliards déjà promis à l’Irlande, à la Grèce et au Portugal, pourrait ne pas faire l’objet d’une publication officielle. Objectif : atteindre un ratio de fonds propres core tier one de 9%, avec des titres de dette souveraine comptabilisés à leur valeur de marché.
Une levée de fonds rendue nécessaire par des pertes alourdies sur les obligations grecques. D’après le rapport de la troïka, une décote de 50% sur les créances détenues par le secteur privé serait indispensable pour ramener la dette du pays à 120% du PIB, contre 162% à l’heure actuelle. Pour la faire descendre à 110%, la décote monterait à 60%. Des sources concordantes indiquent que les membres de l’Eurogroupe se sont mis d’accord vendredi soir pour discuter avec les banques sur la base d’une décote d'«au moins 50%», contre un objectif de 21% entériné le 21 juillet.
Mais selon Reuters, du côté des banques allemandes, on serait disposé à porter cette dépréciation à 40% seulement. Face au caractère impérieux de ces recapitalisations, les pays les plus exposés, Espagne, Italie et Portugal en tête, ont voulu faire entendre leur voix. Madrid, en particulier, aurait obtenu le droit que ses établissements puissent intégrer dans leurs fonds propres «durs» les provisions anticycliques imposées par la Banque d’Espagne.
Parce que «la recapitalisation est une condition nécessaire mais [qu’] elle ne sera pas suffisante», les dirigeants ont également réfléchi à de nouvelles garanties de financement pour les banques européennes, a indiqué hier Reuters. Selon un document que s’est procuré l’agence, trois modèles sont envisagés : la réactivation au niveau national de garanties mises en place à l’automne 2008, la mise en oeuvre de garanties, là encore nationales, mais agrégées et coordonnées par l’Autorité bancaire européenne et enfin, la création d’un «véhicule ad hoc» abondé par des contributions nationales mais recourant à une mutualisation partielle des garanties sous l'égide de la Banque européenne d’investissement. Cette dernière aurait fait part de sa «disponibilité» pour soutenir un tel projet.
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