L’Europe cherche désespérément des solutions pour sortir de l’ornière
C’est toujours sans accord définitif entre la Grèce et la troïka que s’est conclue la journée d’hier. Les discussions se poursuivront le week-end prochain à Washington. Faute d’un compromis permettant de libérer une nouvelle tranche d’aide de 8 milliards d’euros à la Grèce, l’Etat se retrouvera en cessation de paiement le mois prochain. Le pays a adjugé 1,25 milliard d’euros de bons à trois mois, suscitant une demande solide mais assorti d’un rendement en hausse à 4,56%.
Les efforts de la Grèce sont jugés insuffisants par ses bailleurs de fonds qui réclament la suppression de 100.000 emplois publics et une réduction des salaires de 30%, ainsi qu’une hausse des taxes sur le tabac, l’alcool et les produits de luxe. Mais «le principal problème de la Grèce actuellement n’étant pas que la Grèce ne réforme pas (elle a plus réformé sur les 15 derniers mois qu’au cours de la décennie qui précède) mais l’absence de croissance» comme le rappelle Natixis.
Le même dilemme se pose à l’Italie. En réaction à la dégradation de la note du pays par S&P et de la menace d’une action similaire par Moody’s, le ministre des finances, Giulio Tremonti, envisagerait de nouvelles mesures favorisant les investissements privés dans les infrastructures et les nouvelles technologies ainsi qu’une accélération des privatisations, selon le Financial Times.
Mais les dissensions entre pays européens compliquent les prises de décisions. Soumise à une forte pression politique intérieure, la chancelière allemande, Angela Merkel, proposera devant le parlement le 29 septembre un texte imposant un vote d’approbation parlementaire pour tout nouveau soutien à un maillon faible européen. Un exemple, qui, s’il est suivi, pourrait ralentir encore davantage les prises de décisions politiques.
Surtout que le président de la commission européenne s’est montré plus ouvert aux eurobonds, qui ont la faveur des marchés mais rencontrent une hostilité allemande. «La Commission pense que l’option doit être étudiée» a indiqué Jose Manuel Barroso à Bloomberg.
Voyant les négociations s’enliser et craignant une contagion internationale, les acteurs internationaux sont prêts à se mobiliser. Si le ministre des finances brésilien, Guido Mantega, a indiqué au Wall Street Journal que « les BRICs et autres pays émergents participeront à la reconstruction du système financier et à la restauration de la confiance», il a rappelé que «l’Europe doit se sauver elle-même ».
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