L’Eurogroupe lance les travaux sur la dette grecque
Les ministres des finances de la zone euro ont donné mandat à Klaus Regling, le directeur du Mécanisme européen de stabilité (MES), pour travailler à un allégement de la dette grecque, et leur soumettre différentes options d’ici leur prochaine rencontre le 24 mai.
Pour réconcilier Berlin et le Fonds monétaire international (FMI), opposés sur l’ampleur des mesures à prendre, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a proposé une «approche en trois temps». A court terme, autrement dit pour le service de la dette d’ici à 2018, le MES doit examiner des mesures de gestion de la dette, notamment en allongeant les échéances d’émission de façon à réduire son coût de financement, donc les intérêts dus par Athènes, ou encore en abaissant les intérêts dus à ses autres créanciers. A moyen terme, il s’agirait de réduire le coût de la dette selon les possibilités ouvertes par l’accord de 2012 (allongement des maturités et moratoire sur les intérêts). A long terme, les créanciers d’Athènes s’entendraient sur une clause de rendez-vous en 2018, afin de réexaminer les conditions de financement du pays et de lui permettre de retourner sur le marché.
Pour Jeroen Dijsselbloem, comme pour le ministre des finances français Michel Sapin, ces discussions, qui permettraient au FMI de rétablir sa pleine participation au programme décidé à l’été 2015, sont indépendantes de la conclusion de la première revue de ce programme, donc de la reprise des versements. Sous réserve que le gouvernement Tsipras termine de faire adopter les engagements pris l’an dernier, en particulier l’adoption de la loi sur le fond et le programme de privatisation, y compris la nomination de son directeur, ainsi qu’une stratégie sur les prêts non performants. «Nous pouvons reprendre les déboursements, tout en continuant à travailler sur la dette. Ce n’est pas formellement lié», a assuré le président de l’Eurogroupe à l’issue de la rencontre.
Cependant, le communiqué final de l’Eurogroupe fait de l’adoption d’un «mécanisme additionnel contingent», censé garantir à concurrence de 2% du PIB, l’objectif de 3,5 % d’excédent primaire en 2018, une des conditions de la conclusion de la première revue. Or ces mesures sont une condition posée par le FMI pour accepter les termes de réaménagement de la dette. Les discussions restent ouvertes avec le gouvernement Tsipras, dont le ministre Euclide Tsakalatos était venu à Bruxelles avec une proposition sur ce «mécanisme» qui prolongera de facto la tutelle des créanciers sur Athènes au-delà de la fin du programme en 2018.
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