L’Eurogroupe en quête d’un consensus sur les dossiers épineux liés à la crise
L’agenda des réunions de l’Eurogroupe puis de l’Ecofin des 29 et 30 novembre prochains s’annonce chargé et les discussions mouvementées alors que les ministres des Finances doivent avancer sur la gestion de la crise de la dette avant la réunion des chefs de gouvernement le 9 décembre. D’abord, les ministres des Finances doivent donner leur accord sur la nouvelle tranche d’aide à la Grèce. Mais ils se laisseront encore le temps d’analyser les engagements pris par le leader du parti de droite grec Antonis Samaras sur les objectifs budgétaires du pays avant de réaliser le versement de 8 milliards d’euros.
Le nouveau système de garantie sur le financement des banques européennes sera aussi au menu de l’Ecofin. Il devrait prendre la forme de garanties nationales (comme en 2008-2009) avec une coordination de l’Autorité bancaire européenne (EBA). Dans ce dossier, les opinions divergent, notamment sur le degré d’implication de l’EBA.
Les ministres des Finances pourraient aussi discuter de la réforme du Fonds européen de stabilité financière (FESF) annoncée fin octobre après l’intervention de son directeur général qui leur présentera les grandes lignes du nouveau fonds, mais aucune décision n’est attendue.
Le Fonds est censé garantir les émissions obligataires souveraines au plus tôt fin décembre. Ce qui forcera la BCE à rester présente sur le marché secondaire de la dette souveraine d’ici là compte tenu de la contagion de la crise ces derniers jours.
Vendredi, l’Italie a placé des titres à six mois pour un rendement moyen de 6,5% contre 3,5% en octobre. Les taux longs ont dépassé 8% en séance. En l’absence d’un dispositif européen capable de lui venir en aide, le nouveau gouvernement espagnol pourrait, lui, faire appel à l’aide internationale, d’après une source citée par Reuters. Avec la nouvelle facilité du Fonds monétaire international, l’Espagne pourrait emprunter jusqu'à 66 milliards sur deux ans, sachant que son besoin de financement annuel s'élève à 82 milliards.
Le mécanisme de résolution de crise au-delà de 2013, le MES, fait lui aussi l’objet de débats. La France, l’Italie, l’Espagne et tous les pays périphériques sont en faveur d’une suppression des clauses d’action collective qui prévoient une participation du secteur privé, comme en Grèce. Mais Berlin est contre. Un élément qui devrait être utilisé dans les négociations sur la réforme des traités voulue par l’Allemagne (lire aussi page 21).
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