L’Eurogroupe augmente la pression sur la Grèce

Les discussions «techniques» commenceront ce mercredi pour préciser les mesures à prendre afin de terminer le deuxième programme.
Florence Autret, à Bruxelles

Impatience: c’était le sentiment qui dominait chez un certain nombre de participants après la réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi soir à Bruxelles. Depuis l’accord du 20 février sur la prolongation du deuxième programme jusqu’en juin, les discussions piétinent avec Athènes pour préciser le programme de réforme qui doit permettre de le mener à son terme.

Privés de la troïka, les partenaires européens d’Athènes sont forcés de s’en remettre aux engagements du gouvernement Tsipras, ce qu’ils répugnent à faire.

Sans aborder sur le fond le programme de réforme – partiel – présenté la semaine dernière par le ministre grec des finances Yanis Varoufakis, l’eurozone est convenue de lancer mercredi les discussions entre le gouvernement et les «institutions». Officiellement, elles reprennent à Bruxelles mais une «équipe technique» sera «bienvenue» à Athènes, a assuré le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Une information confirmée par Yanis Varoufakis. Le ministre des finances néerlandais, visiblement agacé, n’a pas hésité à affirmer que l’on avait «perdu deux semaines», avant de souhaiter une «coopération constructive» avec les «institutions». Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble a évoqué la «troïka», terme pourtant banni par le nouveau gouvernement grec.

Le commissaire européen Pierre Moscovici a quant à lui appelé à une «accélération de la mise en œuvre des réformes législatives et administratives», tout en justifiant la brièveté de la réunion de l’Eurogroupe. «Nous ne sommes pas entrés dans des discussions techniques détaillées car cela implique d’abord un travail technique», a-t-il déclaré. Wolfgang Schäuble s’est de son côté laissé aller à employer le terme honni de «troïka» à l’issue de la rencontre.

Le bras de fer se poursuit donc entre Athènes et ses créanciers. «Si le temps presse à cause des besoins de financement (de la Grèce), cela devrait être une incitation pour revenir sur le chemin (du deuxième programme) et pas l’inverse», a expliqué le président de l’Eurogroupe qui estime que la lettre adressée par Yanis Varoufakis la semaine dernière, précisant une liste de six réformes, n’embrasse pas l’ensemble des sujets et doit être assortie de chiffres.

Yanis Varoufakis s’est donné jusqu’à la date butoir du 20 avril pour préciser son programme, tout en assurant que les discussions pour un troisième programme à l’été étaient lancées.

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