L’euro reste insensible aux mesures exceptionnelles prises par la BCE
Mario Draghi est loin d’avoir gagné la partie. Lors de sa dernière réunion début juin, la BCE a pris un ensemble de mesures destinées à contrer la menace déflationniste. Parmi celles-ci, la baisse du taux de dépôts en territoire négatif vise à passer par le canal du taux de change pour atteindre cet objectif. «Mario Draghi, fort de l’élasticité des prix par rapport au change, cherche à stimuler l’inflation en faisant baisser l’euro» dans un contexte de faible volatilité des changes favorable aux stratégies de portage, explique Natixis.
Pourtant, après avoir baissé de 2,2% en un mois avant la réunion, l’euro est depuis resté stable à 1,366 contre dollar. Pondéré par les échanges, il remonte même face aux principales devises ces derniers jours. «La BCE a réussi à plafonner le niveau de l’euro», indique Morgan Stanley. Si l’autorité monétaire peut temporiser à sa réunion d’aujourd’hui, des détails sur les mesures prises en juin et des prévisions de croissance et d’inflation en zone euro sont attendues. «Un non évènement qui devrait tirer l’euro vers le haut, au moins à court terme», anticipe Citigroup, qui ajoute qu’avec des positions toujours vendeuses, «de simples interventions verbales auront un impact très limité» sur la devise.
Dans ce contexte, non seulement l’inflation en zone euro est stable à 0,5% en juin, mais les points morts des obligations Bund indexées sur l’inflation sont restés faibles à 1,35%, soit 30pb en dessous de leur moyenne de 2013. Le taux d’inflation 5 ans anticipé dans 5 ans suivi par la BCE est toujours orienté à la baisse à 2,11%. Barclays table sur une inflation à 0,5% cette année et 0,8% en 2015. «La BCE n’a pas réussi à inverser la tendance de l’euro ou des anticipations inflationnistes», estime Natixis qui explique que «le marché a la conviction que la méthode la plus efficace pour stimuler l’inflation est de stimuler la croissance.»
Parallèlement, aux Etats-Unis où la baisse du taux de chômage s’accélère, un durcissement du discours de la Fed est attendu, ce qui pourrait soutenir le dollar qui a récemment souffert des mauvais chiffres d’activité du premier trimestre. La différence entre les points morts des obligations indexées américaines et allemandes à 10 ans a atteint environ 100pb, alors qu’elles étaient au même niveau en 2011. Un écartement qui coïncide avec celui du spread entre rendement des Treasuries et du Bund à 10 ans, qui a atteint mardi un nouveau plus haut de 123pb.
Plus d'articles du même thème
-
Le Who’s Who des patrons de la Big Tech IA en France
Les start-up américaines spécialistes de l’intelligence artificielle générative ont toutes ouvert des bureaux dans l’Hexagone dirigés par des Français. Telle Open AI, qui vient de nommer Emmanuel Marill à la tête de la zone EMEA. -
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Sur l'Iran, Donald Trump contourne le Congrès en affirmant que les hostilités sont « terminées »
Donald Trump a indiqué qu’il pouvait se passer du feu vert du Congrès pour la guerre en Iran. Normalement, au bout de soixante jours de conflit, l’exécutif américain doit obtenir une autorisation parlementaire -
Du pareil au mêmePrésidentielle : au meeting du 1er mai, Marine Le Pen et Jordan Bardella mettent en scène leur entente
Réunis pour leur dernier meeting avant la décision attendue de la cour d'appel de Paris le 7 juillet, les deux voix du RN ont mis à l'honneur les travailleurs, en veillant à gommer tout soupçon de divergences sur la ligne économique du parti -
L’Iran a transmis une nouvelle proposition de résolution du conflit aux Etats-Unis
La dernière offre de la République islamique d’Iran a été transmise jeudi soir au Pakistan, qui fait office de médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis