L’euro repart à la baisse dans l’attente de mesures concrètes de la BCE

La monnaie unique est revenue à 1,2492 contre dollar et 98,43 contre yen, après avoir atteint respectivement 1,2590 et 99,18 la semaine dernière
Patrick Aussannaire

L’euro attend la BCE pour afficher une tendance claire. Ce matin sur les places asiatiques, la monnaie unique baissait à 1,2492 contre dollar et 98,43 contre yen. Elle est en retrait face à son plus haut de 7 semaines de 1,2590 atteint jeudi dernier et proche de ses plus bas de lundi de 1,2490. Contre yen, elle avait atteint 99,18 il y a une semaine. Sur les six derniers mois, la devise européenne s’est dépréciée de 5,1% contre toutes devises. «L’euro a été achetée sur l’espoir suscité par les commentaires de la BCE. Mais tant que les paroles n’auront pas été traduites en actes, le rally va s’effriter» estime Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ.

Les modalités d’interventions de la BCE nourrissent tous les débats entre banquiers centraux : plafond de taux d’intérêt, corridor, limites de spreads, montants absolus ou relatifs ont notamment été évoqué. Bloomberg évoquait cette nuit que la BCE se pencherait sur les décotes appliqués aux ABS. «Il n’y a pas de sens de pratiquer les mêmes haircut sur des obligations à 2 ans garanties par des prêts automobiles allemands que sur des obligations indexées sur des prêts hypothécaires dans les pays périphériques» estime le directeur du trading ABS chez DZ Bank AG cité par l’agence.

Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a cependant tenu à donner des gages à la Bundesbank en rappelant que l’institution concevra son nouveau programme d’achats d’obligations de manière à ce qu’il ne puisse en aucun cas être assimilé à un financement des Etats et à ce qu’il ne ralentisse pas le rythme des réformes.

Mario Draghi s’exprimera samedi après-midi au Symposium organisé par la Fed de Kansas City à Jackson Hole, quelques jours seulement avant la prochaine réunion mensuelle de la BCE prévue le 6 septembre. «Il ne faut toutefois pas attendre de lui qu’il annonce les modalités pratiques de mise en œuvre des futurs achats d’obligations des Etats qui feraient une demande d’assistance au FESF», pronostique Aurel BGC.

Près de 73% du programme d’émissions de la zone euro a été réalisé, avec 570 milliards d’euros d’obligations souveraines vendues depuis le début d’année. Des émissions de 210 milliards restent encore à réaliser d’ici la fin de l’année, soit 25 milliards de moins que sur les 4 derniers mois de 2011. «Au total, le volume des tombées sera supérieur au volume émis de près de 50 milliards, ce qui facilitera le placement des papiers sur le fin d’année» estime Natixis.

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