«L’euro pourrait franchement remonter si le sommet européen apportait du concret»
L’Agefi : Pourquoi pariez-vous sur une remontée de l’euro/dollar à six mois ?
Jean-Luc Proutat : L’euro cote actuellement 1,26 dollar. Il aurait pu tomber plus bas compte tenu du fait que la crise rattrape l’Espagne et l’Italie et que la prime de risque moyenne supportée par les deux pays dépasse son niveau record du 23 novembre 2011 Cette résistance tient à l’attrait des titres d’Etat allemands mais peut-être aussi à la moindre exposition des banques européennes aux actifs en dollars : toute chose égale par ailleurs, leur besoin de refinancement dans la monnaie américaine est moins forte en phase de tensions sur les marchés. La situation de l’euro est somme toute paradoxale : la menace qui pèse sur lui grandit mais, précisément à cause de cela, la probabilité d’obtenir des avancées en terme de gouvernance aussi. Il ne baisse donc pas tant que cela et pourrait franchement remonter si, d’aventure, le sommet européen des 28 et 29 juin apportait du concret. N’oublions pas enfin que la Réserve fédérale américaine ne fait rien pour faire monter le dollar.
Croyez-vous que la Banque nationale suisse soit en mesure de maintenir son cours plancher ?
Le franc suisse est comme l’or : cher et d’un rapport nul (0,5% à 10 ans). Il ne monte que parce que certains redoutent une dislocation de la zone euro. Comme cela n’est pas dans notre scénario, nous pensons donc qu’il retombera et qu’ainsi, le plafond de 1,20 franc suisse pour un euro ne sera pas dépassé.
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