«L’euro nous paraît être devenu sous-évalué face au dollar»
- L’Agefi : Jusqu’où peut descendre l’euro face au dollar?
- Nicolas Forest : En un an, le dollar s’est apprécié de près de 25% contre la plupart des devises, y compris contre l’euro. L’anticipation de divergence monétaire est le principal facteur qui explique un tel mouvement. Alors que la BCE a maintenant activé le levier monétaire à un niveau inégalé jusqu’ici, tous les yeux se tournent désormais du côté des Etats-Unis à la veille du FOMC de mars. Ne nous trompons pas c’est bien plus le risque de hausse de taux de la Fed que le QE européen qui explique la hausse du dollar ! Or, aujourd’hui beaucoup est déjà anticipé dans le cours des changes et la forte appréciation du dollar pourrait être un frein au resserrement monétaire américain. Contrairement au passé, l’euro nous semble aussi devenu sous-évalué à la fois d’un point de vue parité des pouvoirs d’achat que d’un point de vue différentiel de taux. Dans ce contexte, nous anticipons un euro stable vers 1,05 dans les prochaines semaines. La hausse du dollar pourrait donc faire une pause alors que les bonnes nouvelles économiques venues d’Europe devraient soutenir l’euro. Si une baisse nouvelle est possible, nous pensons qu’elle pourrait conduire l’euro à 0,90 en tenant compte d’un écart de 40% par rapport à son niveau d’équilibre de long terme.
- Pensez-vous que le franc suisse se soit stabilisé par rapport à l’euro?
- Nous pensons que le franc suisse est surévalué au regard des perspectives de croissance et d’inflation. Même si la baisse de l’euro s’est accélérée grâce au QE européen, il nous semble que le franc suisse est désormais surévalué par rapport son niveau d’équilibre entre 1,10 et 1,20.
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