« L’euro n’a plus vocation à s’apprécier malgré le ton ultra-accommodant de la Fed »
Jean-Luc Proutat et Raymond Van der Putten, économistes chez BNP Paribas
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Quels éléments permettraient un rebond de l’euro par rapport au dollar ?
Jean-Luc Proutat : Les apports de liquidité en dollars de la Banque centrale européenne (BCE) peuvent contribuer à soutenir l’euro. Les primes demandées sur les taux dollar dans les opérations de swap de changes (currency swap spread) se sont d’ailleurs stabilisées. Mais en dépit de la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale, l’euro n’a plus tellement vocation à s’apprécier. Les anticipations d’évolution des taux d’intérêt de la BCE se sont retournées (les contrats intègrent une baisse de 50 points de base d’ici à la fin de l’année). Même s’ils sont moindres qu’en 2008, les besoins en dollars des banques européennes restent importants ; cela signifie une demande de billets verts structurellement forte de ce côté-ci de l’Atlantique.
La Banque du Japon pourrait-elle suivre l’exemple de la BNS pour limiter l’appréciation du yen ?
Raymond Van der Putten: Les autorités japonaises sont déjà intervenues sur le marché des changes (c’était en août) pour limiter la hausse du yen. Avec peu de succès, puisque la baisse obtenue a très vite fait place à une remontée. Elles envisagent donc plutôt de contrebalancer la force du yen par des baisses d’impôts sur les sociétés ou des injections supplémentaires de liquidités. Le yen fort permet en outre au Japon de réaliser des investissements directs à bon compte.
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