«L’euro est désormais une monnaie structurellement forte»
Eric Bourguignon, directeur de la gestion taux et crédit de Swiss Life Asset Managers et DGD SL Asset Management (France)
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Qu’est ce qui pourrait déclencher une tendance à la baisse sur l’euro ?
- Eric Bourguignon : L’euro est désormais une monnaie structurellement forte car la zone euro dégage un excédent extérieur compris entre 2 et 3% de son PIB qui engendre un flux continuel d’entrées de devises de l’ordre de 20 milliards d’euros par mois. Dans ce contexte, il faudrait pour déclencher une baisse de l’euro que les Européens augmentent sensiblement leurs investissements à l’étranger, ou qu’un regain de crise des dettes souveraines provoque des sorties massives de capitaux de la zone. On peut également imaginer que la BCE intervienne pour faire baisser sa devise, comme le font de façon plus ou moins directe toutes les grandes banques centrales du monde. Mais ce scénario n’est pas le plus probable…
- Le renminbi a-t-il inversé sa tendance ?
- Le renminbi (RMB) s’est quelque peu déprécié récemment, et cette dépréciation a pu laisser penser que la Banque Populaire de Chine (PBOC) cherchait désormais à affaiblir sa devise après avoir piloté son appréciation au cours des dernières années. Nous ne pensons pas que ce recul du RMB traduise un changement de stratégie de la Chine, car ce ne serait pas dans l’intérêt du pays. Il vise plutôt à freiner la spéculation à la hausse sur la monnaie chinoise en créant une volatilité artificielle de la devise. Il rappelle aux investisseurs, au moment où les dirigeants chinois envisagent de libéraliser leur marché des changes, que le yuan est certes voué à s’apprécier, mais qu’il pourrait aussi connaître d’importantes phases de recul.
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