« L’euro/dollar devrait évoluer entre 1,35 et 1,50 d’ici à fin 2010»
Valérie Perez, responsable changes en France chez Deutsche Bank
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Tân Le Quang
L’Agefi : L’embellie du dollar va-t-elle se poursuivre à moyen terme ?
Valérie Perez : Cela dépend en grande partie des décisions des autorités monétaires, notamment quand et de combien la Fed remontera ses taux? Nous pensons qu’une poursuite de l’embellie actuelle du dollar ne se produira que début 2011, lorsque la Fed commencera à augmenter ses taux dans des proportions plus importantes que la BCE. Nos analystes estiment que cet écart doit être d’au moins 100 points de base pour que cela ait un impact positif sur le dollar. D’ici là, donc jusqu’à fin 2010, nous prévoyons une fourchette d’évolution comprise entre 1,35 et 1,50. Les marchés sont aujourd’hui focalisés sur les PIIGS, et le seront demain sur les dettes souveraines britanniques et américaines, ce qui risque à moyen terme d’affaiblir le dollar. En outre, le positionnement des opérateurs (position vendeuse euro à son extrême depuis le lancement de la monnaie unique) plaide pour un rebond temporaire de l’euro/dollar. Enfin, une parité euro/dollar proche de 1,35 représente pour les autorités chinoises une formidable opportunité d’alléger le montant de leurs réserves en dollars.
Le yen peut-il de nouveau réendosser son statut de valeur refuge ?
Nous sommes effectivement haussiers sur le yen sur le court terme, et ce pour trois raisons. Tout d’abord, le Japon est le pays du G3 ayant le plus large surplus de ses comptes courants, ce qui en fait une valeur refuge en période d’aversion pour le risque. La conséquence directe est que le risque souverain sur le Japon est relativement faible. Le yen contre dollar est à sa «juste valeur», ce qui lui confère un potentiel d’appréciation jusqu’à environ 80-82 d’ici à la fin du premier semestre, avant de revenir autour de 90 en fin d’année.
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