L’Euro continue de s’envoler face au dollar pourtant soutenu politiquement
Les responsables politiques s’inquiètent de l’évolution du billet vert, alors que des stratégistes évoquent une possible intervention du G7
Publié le
Alexandre Boksenbaum
La chute du dollar est-elle en train de signer la fin de son hégémonie sur les échanges internationaux ? En tout cas, le Venezuela a tranché, certaines de ses livraisons de pétrole sont à payer en euro et plus en dollar. Même si cette mesure ne concerne pas le pétrole brut, elle est symboliquement forte, et pourrait faire des émules. Cette décision a été confortée par le nouveau record enregistré par la monnaie unique face au billet vert. L’Euro a ainsi atteint 1,5644 dollar.
Un trader américain a expliqué que la hausse de l’euro avait été amplifiée par des ventes automatiques déclenchées par le franchissement de 1,5630 dollar. Depuis, le billet vert s’est un peu repris, notamment grâce au rapport de Standard & Poor’s sur la fin des dépréciations d’actifs liées au subprime (voir article ci-dessous). En outre, les déclarations d’Henry Paulson, secrétaire du Trésor américain, indiquant que les «fondamentaux de le long terme sont forts» et soutenant un «dollar fort» a permis le rebond du billet vert ce matin.
Par ailleurs, Jean Claude Juncker, président de l’Eurogroupe a rappelé aux investisseurs que «les marchés financiers, au lieu d’agir de façon trop irrationnelle, devraient se concentrer sur la perspective à moyen terme», estimant que les perspectives de l'économie américaine n’était pas «si mauvaises». De leurs côtés, les dirigeants des pays de l’Eurogroupe réunis aujourd’hui doivent évoquer la parité euro-dollar.
Les mots n’y suffisant plus, les stratégistes commencent à évoquer une intervention du G7 pour faire entendre raison aux marchés. Ainsi, Stephen Jen, responsable de la recherche sur les devises chez Morgan Stanley, estime que les arguments en faveur d’une intervention sont de plus en plus «irréfutables». Un avis partagé par Jim O’Neil, chef économiste chez Goldman Sachs, qui pense que la chute du dollar devrait affecter d’autres marchés et qu’alors une «intervention serait définitivementdans les esprits des responsables». Toutefois, M. Turner, qui dirige la recherche chez ING, avertit qu’une mauvaise intervention serait «pire» que de ne rien faire. Toru Tokoyoda, responsable de l’activité devises chez Lehman Brothers, pense de son côté qu’il ne faudrait pas se précipiter car «tout le monde attend la fin des mauvaises nouvelles. […] Lorsque les dépréciations seront terminées, les actifs américains seront alors très attractifs».
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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