L’euro chute après la réunion du G20 à Washington

L’euro reculait ce matin de 0,5% contre dollar à 1,3429 et de 0,6% contre le yen à 102,57, à une encablure de son plus bas depuis 10 ans
Patrick Aussannaire

L’euro balance au gré des valses hésitations sur le sauvetage de la Grèce. Après avoir grimpée à 1,3585 contre dollar sur fond d’espoirs d’une augmentation de la taille du FESF, la monnaie unique était finalement ce matin en recul de 0,5% à 1,3429 et accusait également une perte de 0,6% face au yen à 102,57, soit un niveau très proche de son plus bas historique depuis dix ans de 102.211. La volatilité implicite sur l’euro-yen s’est envolée à 20% après avoir cassé le seuil des 103 yens. Et l’euro entraîne dans sa chute les devises émergentes.

Durant la réunion des dirigeants du G20 réunis ce week-end à Washington, la Chine a jeté un froid en envoyant le message aux dirigeants européens qu’il ne fallait pas qu’ils comptent sur elle pour voler à leur secours. «Nous ne pouvons pas sauver le monde. Nous devons d’abord nous sauver nous-mêmes» a indiqué hier Gao Xiqing, président de China Investment Corp. Il a néanmoins précisé que CIC pourrait se porter acquéreur d’eurobonds. «Si les eurobonds avaient un profil de risque susceptible de satisfaire notre stratégie d’allocation d’actifs, alors nous en achèterions» a indiqué Gao Xiqing. «Mais n’attendez pas de nous d’en acheter plus que notre appétit pour le risque» a-t-il prévenu.

Dans le même temps, le vice-ministre allemand des Finances, Jörg Asmussen, a indiqué hier dans un discours en marge de réunions au FMI qu'«étant donné le retard pris par la mission de la troïka, je ne pense pas que la prochaine réunion de l’eurogroupe, le 3 octobre, prenne une décision sur la sixième tranche». «Le déblocage des fonds n’aura pas lieu si la mission n’est pas convaincue par les mesures prises et mises en œuvre par la Grèce», a alerté Jörg Asmussen. De quoi prolonger la zone d’incertitude que traversent les marchés.

Le Financial Times indique de son côté que les dirigeants européens attendraient la ratification du plan du 21 juillet par le Bundestag cette semaine pour envisager soit d’élargir la taille du FESF, soit d’organiser un défaut grec. Angela Merkel a dit hier que permettre à la Grèce de faire faillite anéantirait la confiance des investisseurs et provoquerait une contagion comparable à celle consécutive à la chute de Lehman Brothers. Et David Beers, responsable des notations chez S&P, a indiqué à Reuters que selon les options retenues pour élargir la taille du FESF, les notes de la France et de l’Allemagne seraient impactées.

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