L’euphorie des Bourses tranche avec la prudence des marchés de taux
Les annonces du sommet européen ont provoqué un violent rebond des financières. Mais très peu d’effet sur les rendements italiens
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Alexandre Garabedian
S’il fallait seulement se fier à la réaction des marchés actions, le sommet européen de mercredi soir serait un succès. Les indices boursiers européens ont accueilli l’accord trouvé jeudi au petit matin par un violent rebond, de 6,28% par exemple pour le CAC 40. Les indices Stoxx sectoriels des banques (+8,91%) et des assureurs européens (+7,24%) ont tiré la tendance. Particulièrement chahutées depuis l’été, les actions des banques françaises ont fait des étincelles: +22,5% pour la Société Générale, +21,96% pour Crédit Agricole SA et +16,92% pour BNP Paribas.
Les CDS bancaires se sont aussi nettement resserrés: de 33 à 38 pb par exemple pour les banques françaises, selon les données de Markit. Reste à en constater les effets sur le financement long terme des prêteurs, dont le blocage inquiète les autorités européennes. «Regardons comment le marché digère les annonces faites, et comment évolue le marché de la dette senior, fermé depuis 3 mois mais qui est potentiellement susceptible de se rouvrir», souligne Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française et PDG de la Société Générale. La capacité des banques à émettre de la dette senior non sécurisée, par opposition au covered bonds, sera un élément clé du retour de la confiance.
Or, ce retour n’est pas garanti. Les marchés de la dette souveraine ont réagi de façon beaucoup plus mitigée aux résultats du sommet. Hier soir, le rendement à 10 ans italien ne se détendait que de 3 points de base, à 5,86%. Le reflet des interrogations sur la puissance de feu réelle de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF). Mais aussi sur la capacité de l’Italie à tenir, d’ici huit mois, les engagements de réforme qu’elle a pris cette semaine dans une lettre d’intention envoyée à ses partenaires.
Les rendements espagnols à 10 ans se sont détendus de 15 pb à 5,30%. Ceux des Etats du cœur de l’Europe, en revanche, se sont tendus, surtout les emprunts d’Etat allemands (+17 pb à 2,20%). L’écart OAT-Bund s’est à nouveau réduit, à 91 pb, après avoir frôlé les 120 pb il y a quelques jours.
«On assiste à un rally sur les actifs risqués, mais certainement pas à un vote de confiance massif qui indiquerait que les problèmes de la zone euro sont réglés», estimait hier Steven Englander, stratégiste change chez Citigroup.
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