L’euphorie des Bourses tranche avec la prudence des marchés de taux
S’il fallait seulement se fier à la réaction des marchés actions, le sommet européen de mercredi soir serait un succès. Les indices boursiers européens ont accueilli l’accord trouvé jeudi au petit matin par un violent rebond, de 6,28% par exemple pour le CAC 40. Les indices Stoxx sectoriels des banques (+8,91%) et des assureurs européens (+7,24%) ont tiré la tendance. Particulièrement chahutées depuis l’été, les actions des banques françaises ont fait des étincelles: +22,5% pour la Société Générale, +21,96% pour Crédit Agricole SA et +16,92% pour BNP Paribas.
Les CDS bancaires se sont aussi nettement resserrés: de 33 à 38 pb par exemple pour les banques françaises, selon les données de Markit. Reste à en constater les effets sur le financement long terme des prêteurs, dont le blocage inquiète les autorités européennes. «Regardons comment le marché digère les annonces faites, et comment évolue le marché de la dette senior, fermé depuis 3 mois mais qui est potentiellement susceptible de se rouvrir», souligne Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française et PDG de la Société Générale. La capacité des banques à émettre de la dette senior non sécurisée, par opposition au covered bonds, sera un élément clé du retour de la confiance.
Or, ce retour n’est pas garanti. Les marchés de la dette souveraine ont réagi de façon beaucoup plus mitigée aux résultats du sommet. Hier soir, le rendement à 10 ans italien ne se détendait que de 3 points de base, à 5,86%. Le reflet des interrogations sur la puissance de feu réelle de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF). Mais aussi sur la capacité de l’Italie à tenir, d’ici huit mois, les engagements de réforme qu’elle a pris cette semaine dans une lettre d’intention envoyée à ses partenaires.
Les rendements espagnols à 10 ans se sont détendus de 15 pb à 5,30%. Ceux des Etats du cœur de l’Europe, en revanche, se sont tendus, surtout les emprunts d’Etat allemands (+17 pb à 2,20%). L’écart OAT-Bund s’est à nouveau réduit, à 91 pb, après avoir frôlé les 120 pb il y a quelques jours.
«On assiste à un rally sur les actifs risqués, mais certainement pas à un vote de confiance massif qui indiquerait que les problèmes de la zone euro sont réglés», estimait hier Steven Englander, stratégiste change chez Citigroup.
{"title":"","image":"77593»,"legend":"RENDEMENTS TAUX 10 ANS - ITALIE FRANCE ESPAGNE ALLEMAGNE»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les provisions de Nubank font passer la hausse de son bénéfice au second plan
La néobanque brésilienne, une des plus importantes du monde en termes de revenus, a publié des résultats inférieurs aux prévisions des analystes à cause d’une augmentation du montant de ses provisions. -
Grape Hospitality se refinance pour rénover son parc hôtelier
Cette opération d'un montant total de 481 millions d'euros permettra notamment au groupe hôtelier de rénover son parc hôtelier mais également de réaliser des investissements d'immobilisations liés à la RSE. -
LVMH cède Marc Jacobs à WHP Global et G-III Apparel
Le géant français du luxe poursuit la rationalisation de son portefeuille de marques. Si le montant n’est pas officiellement dévoilé, les acquéreurs - WHP, propriétaire de Vera Wang et G-Star, et G-III, détenteur de Lagerfeld et DKNY - lèvent 850 millions de dollars pour financer l’opération. -
Le Congo poursuit ses émissions d’eurobonds
Six mois après son retour sur le marché des eurobonds, le pays vient de lancer une opération de rachat d’obligations et une nouvelle émission obligataire de 575 millions de dollars alors qu’il entame des discussions avec le FMI. -
Le cinéma réécrit son scénario pour attirer les épargnants
Porté par de nouveaux fonds, le financement du cinéma cherche à sortir de la logique de défiscalisation pour devenir une véritable classe d’actifs. -
Les plateformes de streaming vidéo, désormais mécènes incontournables du cinéma tricolore
Cannes accueille le plus grand festival de cinéma au monde depuis le mardi 12 mai, ainsi qu'un imposant marché du film. Netflix, Amazon et consorts s’imposent maintenant de plus en plus dans les financements des films, y compris français, dans un marché en pleine concentration et bousculé par l'intelligence artificielle.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Téhéran assure que le détroit d'Ormuz est ouvert aux navires « des pays qui ne sont pas en guerre contre l’Iran »
Les navires qui veulent franchir le détroit doivent coordonner leur passage avec les forces militaires iraniennes afin d’« éviter tout obstacle potentiel » et de garantir « un passage sûr », selon le ministre iranien des Affaires étrangères -
442 mises en demeure et six signalements à la suite de contrôles effectués dans les écoles privées
S’il « n’y a pas eu de nouveau Bétharram », selon le ministre de l’Education, Édouard Geffray, on compte néanmoins 442 mises en demeure et six signalements au procureur -
EXCLUSIFAllègements de charges : le dilemme du gouvernement
Selon nos informations, le gel du barème empêcherait les réductions de charges de gonfler d'un peu plus de 2 milliards d'euros, le barème étant normalement indexé sur le Smic, qui va augmenter de 2,4 % au 1er juin.