L'été pourrait marquer les derniers records des prix du bétail
Le compartiment de l’élevage (bétail sur pied, bovin d’engraissement, porc, lait…) a longtemps été en retard sur les autres matières premières. Ce n’est seulement qu’à la fin de la décennie précédente que les cours ont commencé à progresser significativement. Et depuis quelques mois, alors que la plupart des autres marchandises affichent des cours en repli, les prix du bétail vivant, des bovins d’engraissement et du porc atteignent des records notamment sur les échéances estivales du CME, marché à terme à Chicago.
Les produits d’élevage entretiennent des relations à la fois étroites et complexes entre eux et avec les autres marchandises, notamment les grains (maïs) et les oléagineux (soja) très présents dans l’alimentation animale des filières de type «feedlot» (parc d’engraissement). L’histoire récente illustre bien ces relations ni simples ni directes et le fait que les mêmes facteurs n’ont pas les mêmes conséquences pour tous les produits agricoles. La sécheresse de l’été 2012 a ainsi poussé à la réduction des cheptels bovins très gourmands en eau notamment dans la filière extensive (pâturage) mais ont aussi conduit à des ventes précipitées et des abattages anticipés et donc à un afflux de viande sur le marché, ce qui a maintenu les cours à un niveau certes élevé mais stable relativement à ceux des autres produits agricoles qui se sont envolés. Les «feedlots» ont aussi contribué à cette anticipation des abattages, leurs marges étant devenues négatives précisément en raison de la hausse des cours du maïs et du soja.
La situation actuelle de cherté record dans la quasi-totalité du compartiment, résultant d’une conjonction de facteurs (cheptels bovins toujours en deçà des niveaux précédant la sécheresse de 2012, épidémie dans la filière porcine…), limite les possibilités d’arbitrage des consommateurs, très sensibles au prix. Il serait prudent toutefois de ne pas extrapoler les tendances récentes sur le moyen terme.
Les cours élevés de la viande et la baisse récente des cours du maïs devraient relancer les marges et la production. La filière aviaire pourrait être la première à offrir de la viande un peu moins chère. Ces baisses de prix pourraient ensuite se diffuser grâce à une réorientation de la demande et à l’augmentation progressive de la production des autres filières (bœuf, porc, …).
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