L’Etat autrichien choisit d'écarter tout risque bancaire systémique
Vienne a officialisé la création d’une «bad bank» qui accueillera 18 milliards d’actifs d’Hypo Alpe Adria et épargnera les créanciers seniors
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Patrick Aussannaire
Est-ce la visite du président de la BCE un jour plus tôt à Vienne qui a décidé le gouvernement autrichien à annoncer formellement vendredi la création d’une structure de défaisance privée destinée à éviter la faillite de la banque en difficulté Hypo Alpe Adria (HAA) ? «Il y avait de nombreuses raisons d’envisager sérieusement un défaut, mais au final les risques ont été jugés incalculables», a expliqué le ministre des Finances, Michael Spindelegger.
Le gouvernement autrichien a ainsi officialisé la mise sur pied d’un véhicule qui abritera quelque 18 milliards d’euros d’actifs de l’établissement sur un total de bilan de 31 milliards. Une pression est également exercée sur la province de Carinthie, qui a offert des garanties sur certaines créances et aurait pu être contrainte au défaut, pour qu’elle «assume ses responsabilités» en participant aux pertes à hauteur d’au moins 500 millions d’euros. Des décotes seront imposées aux créanciers de dette subordonnée, ainsi qu’aux détenteurs d’actions sans droit de vote émises dans le cadre du sauvetage de la banque durant la crise financière. La dette subordonnée d’HAA se monte à 1,89 milliard d’euros. Sur ce montant, environ 1,3 milliard sont couverts par des garanties de l’Etat.
La décision d’éviter un défaut et ainsi de ne pas imposer de pertes aux créanciers seniors a été saluée à la fois par le gouverneur de la banque centrale autrichienne, Ewald Nowotny, mais aussi par les analystes. «Les obligations ont rebondi sensiblement, et la nouvelle devrait également être positive pour les autres banques du pays qui ont souffert des rumeurs», estiment ainsi les analystes de CreditSights. Par effet de contagion, le rendement des obligations de RBI et Erste s’était en effet écarté de 60 pb et 30 pb ces dernières semaines.
La semaine dernière, Vienne avait déjà autorisé le déblocage de fonds pour permettre à HAA d’être en mesure de rembourser une ligne d’obligations de 750 millions arrivant à maturité aujourd’hui. Au total, le gouvernement a injecté à ce stade 3,6 milliards d’euros dans la banque et offert 1,2 milliard de garanties. Le sauvetage d’HAA aura également un coût pour l’Etat autrichien, dont la dette progressera de 5 points pour franchir le seuil des 80% du PIB, avec une hausse supplémentaire du déficit public de 4 milliards d’euros, soit 1,2 point de PIB.
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