L’Espagne syndique sa nouvelle dette à 10 ans au prix fort
Madrid a émis lundi 6 milliards d’euros de dette d’échéance avril 2021 à un taux absolu de 5,604 % et à un spread de 225 pb au-dessus des mid-swaps
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Tan Le Quang
Photo Bloomberg
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L’Espagne a passé hier son deuxième gros test de l’année 2011 sur le marché primaire de la dette souveraine. Dans la foulée de récents succès portugais et italien et de son adjudication réussie de dette à 5 ans, Madrid a émis lundi 6 milliards d’euros de dette d’échéance avril 2021 par syndication bancaire. La transaction organisée par la Société Générale, Santander, Citi, BNPP, BBVA et Barclays a attiré une demande de plus de 12,5 milliards.
La nouvelle ligne obligataire de référence à 10 ans offre un coupon de 5,5% est ressortie à un spread de 225 pb au-dessus des taux mid-swaps ou 256 pb par rapport au Bund. Le taux absolu est ressorti à 5,604%, soit environ 6 pb au-dessus du récent pic du rendement de la précédente obligation de référence 10 ans, celle expirant en octobre 2020 et de coupon 4,85%. L’impact de la syndication s’est traduit par une tension de ce dernier de 10 pb à 5,433%, et a creusé le spread avec le Bund de 9 pb à 240 pb. Le souverain paie donc encore le prix fort. Les spreads des CDS espagnols à 5 ans se sont écartés de plus de 7 pb à 302 pb.
Plus approprié aux émissions longues par nature plus risquées que les courtes, le placement par syndication permet d’atteindre une taille plus importante que ne l’aurait permis une adjudication, mais aussi d’avoir une meilleure maîtrise du risque d’exécution en offrant au titre une distribution la plus large possible et de la manière la plus ordonnée une fois sur le marché secondaire. Si la demande a été au rendez-vous, comme pour l’émission du Fonds d’amortissement du déficit d'électricité espagnole (FADE), les investisseurs institutionnels français, du fait des restrictions d’exposition sur les actifs hispaniques imposées par notamment les investisseurs finaux et les OPCVM, ont été peu présents, selon un banquier.
Après le succès de sa récente adjudication de 3 milliards de dette à 5 ans, le souverain entame bien son programme de financement 2011 qui prévoit, en brut, 93,8 milliards d’euros de dettes, montant quasi inchangé par rapport à celui de 2010 qui s'élevait lui à 94,5 milliards. Le 3 février prochain, le Trésor prévoit la réouverture d’une ligne à 3 ans (octobre 2013). En plus des volumes à émettre, l’Espagne devrait refinancer 46,6 milliards d’euros de remboursements obligataires entre le deuxième et la quatrième trimestre 2011, contre 35 milliards en 2010.
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