L’Espagne se prépare à une activité intense sur le marché obligataire en 2013

Madrid prévoit de lever 207,2 milliards d’euros l’année prochaine, contre 186,1 milliards dans le budget 2012
Antoine Duroyon

Deux jours après la présentation de son budget 2013, le gouvernement espagnol a livré samedi quelques indications sur la manière dont il entend le financer. Dans son traditionnel livre jaune, qui présente le projet de budget aux parlementaires, le ministre des Finances a indiqué que le programme d'émissions de dette souveraine s'élèverait pour 2013 à 207,2 milliards d’euros, contre 186,1 milliards dans le budget 2012.

Madrid prévoit de couvrir 41% de ses nouveaux besoins de financement par l'émission de bons du Trésor et 51% par des obligations, ce qui portera la part des titres de dette à court terme à 15,7%. La maturité moyenne de la dette espagnole tombera à environ 5,8 années, contre 6,3 à la fin 2012. Quant aux émissions nettes, elles totaliseront 48 milliards d’euros, 159,2 milliards d’euros devant être utilisés pour couvrir les titres arrivant à échéance l’année prochaine.

Pour compléter le tableau, l’endettement devrait encore se creuser pour atteindre 90,5% du PIB. Madrid estime pouvoir tenir son objectif d’un déficit de 6,3% du PIB, conforme aux objectifs, mais qui glissera à 7,4% compte tenu de l’aide aux banques. Alors qu’Oliver Wyman a estimé les besoins en fonds propres supplémentaires à 59,3 milliards d’euros, la Banque d’Espagne estime qu’ils pourraient «même descendre à 53,7 milliards d’euros si l’on prend en compte les processus de fusion et certains effets fiscaux».

Les économistes semblent en tout cas dubitatifs devant le scénario macroéconomique retenu par le gouvernement. Ce dernier a fondé son projet de budget sur une hypothèse de contraction de l'économie limitée à 0,5% en 2013, alors que le consensus table sur un niveau presque trois fois supérieur. Dans ces conditions, alors que le coût du service de la dette est anticipé en hausse de 34% à 38,6 milliards d’euros, le gouvernement pourrait se résoudre à une intervention européenne pour alléger les coûts de financement.

Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a réaffirmé vendredi que le plan de rachat de dette souveraine en zone euro se ferait «seulement sous une stricte conditionnalité et seulement s’il y a une pression continue en faveur des réformes».

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