L’Espagne prend le temps d’organiser son inéluctable plan de sauvetage
Il est urgent de prendre son temps. Bruxelles serait en train de préparer avec le gouvernement espagnol un nouveau programme de réformes budgétaires crédible et susceptible de répondre aux exigences des créanciers internationaux dans l’optique d’un plan de sauvetage européen ainsi que du programme de rachat illimité d’obligations sur le marché secondaire par la BCE, selon le Financial Times. Mais Madrid n’est pas pressé de réclamer l’aide européenne.
D’autant qu’hier, le Trésor a passé avec succès pour la deuxième fois cette semaine le test des marchés en bénéficiant de taux de 5,666% à son adjudication de titres à dix ans, contre 6,647% le mois dernier, et 3,845% à trois ans. Portée par un «effet BCE», l’Espagne se finance en moyenne à 4,45% depuis le début de l’année, «un niveau qui se compare honorablement à ce que lui coutait son refinancement avant la crise», selon Natixis. Si ce taux est dû à un raccourcissement de la maturité moyenne des titres, Natixis estime qu’«avec une maturité résiduelle de 7 ans cela reste tout à fait confortable».
Mais, «le problème n’est pas du côté du gouvernement central mais du côté des banques et des régions autonomes» estime Natixis. L’audit indépendant du secteur bancaire va probablement conclure le 28 septembre à des besoins de recapitalisation de 50 à 60 milliards d’euros, a déclaré hier BBVA et le gouvernement. «Le montant est moins élevé que ce que redoutaient les Européens et les Espagnols. C’est une bonne nouvelle» s’est félicité la directrice générale du FMI, Christine Lagarde dans un entretien au Wall Street Journal.
La Banque d’Espagne devrait avoir informé toutes les banques des résultats des «stress tests» d’ici lundi, selon Reuters. Francisco Gonzalez, président de BBVA, s’attend à ce que les résultats de l’audit déclenche une nouvelle vague de concentration, faisant tomber le nombre de banques à 10 d’ici un an, contre 40 avant la crise et 14 aujourd’hui.
La rencontre hier entre le président de la région autonome de Catalogne, Artur Mas, et Mariano Rajoy n’a pas permis de trouver un accord sur une plus grande autonomie fiscale de la région, réclamée par Barcelone. Sur les 18 milliards du fonds régional (abondé à hauteur de 6 milliards par la loterie et 12 milliards par les banques), près de 10 milliards ont déjà été sollicités par trois régions (Valence, Murcie et Catalogne). Avec les 2,4 milliards que pourrait demander l’Andalousie, il resterait 6 milliards pour les 13 autres régions.
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