L’Espagne pourrait renflouer son fonds de restructuration des banques

Selon « El Mundo », le pays estimerait avoir besoin de recapitaliser le Frob de 15 à 30 milliards d’euros et chercherait à lever 5 milliards sur le marché
Tân Le Quang

Si l’Espagne a mené de main de maître la vague d’unions entre caisses d’épargne via sa banque centrale, la facture de la restructuration de son système bancaire pourrait être beaucoup plus salée que prévu. Selon le journal El Mundo, le pays chercherait à lever 5 milliards d’euros de capitaux pour renforcer le Frob, son Fonds de restructuration ordonnée des banques. Cette entité a été mise en place pour superviser et financer les restructurations et les fusions d’établissements financiers. Les prêts qu’elle accorde pour permettre ces fusions doivent être remboursés dans un délai de cinq ans.

D’après le quotidien, qui ne cite à aucun moment ses sources, le Trésor espagnol aurait commencé à contacter les banques d’investissement pour les préparer à une nouvelle émission de dette du Frob. A la mi-septembre, ce même journal évoquait déjà un prêt de 3 milliards d’euros obtenu par le fonds gouvernemental en provenance des banques espagnoles les plus solvables. Hier, El Mundo, qui précise le coût du soutien au processus de fusion à 11,6 milliards d’euros, ajoute que ces 5 milliards, assortis à une ligne de crédit supplémentaire de 3 milliards [probablement celle évoquée en septembre, ndlr], porteraient le coût de restructuration du système bancaire espagnol à environ 20 milliards d’euros, soit 2% du PIB. De plus, le gouvernement espagnol aurait ainsi estimé avoir besoin de lever 15 à 30 milliards d’euros pour recapitaliser le fonds gouvernemental pour financer la poursuite de la restructuration de son industrie bancaire locale.

Alors que le Frob a déjà été sollicité à hauteur de 10,6 milliards pour recapitaliser les nouvelles unions entre caisses, Moody’s a valorisé, dans son scénario de base, les besoins de recapitalisation à 25 milliards d’euros pour le secteur bancaire. Ils pourraient atteindre 80 milliards dans un scénario plus noir. L’agence de notation américaine s’inquiète en outre des besoins de financement des régions, qu’elle estime à 30 milliards pour l’année prochaine, et de ceux du secteur bancaire, avec environ 90 milliards de dettes à refinancer en 2011. Moody’s considérait à la mi-décembre les perspectives du secteur bancaire espagnol toujours négatives au vu des conditions économiques difficiles, de la détérioration de la qualité des actifs des banques et du plan d’austérité budgétaire du gouvernement.

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