L’Espagne passe un test périlleux jeudi sur les marchés
Le pays émettra des obligations à 3 et 10 ans. Les spécialistes ne s’attendent pas à une détente dans les jours à venir
Publié le
Violaine Le Gall
Madrid en avril 2012. Photo: Angel Navarrete/Bloomberg
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Les taux longs espagnols sont repassés hier au-dessus de la barre de 6 %, à leur plus haut niveau depuis début décembre 2011. Parallèlement, les contrats de protection contre le risque de défaut (CDS) de l’Espagne à cinq ans traitent à un niveau inédit, au-dessus de 500 points de base (pb). C’est dans ce contexte très tendu que l’Espagne doit émettre des emprunts d’Etat ce jeudi, «ce qui devrait conduire à un nouvel écartement des spreads pour faciliter le placement de l’émission», prévient Crédit Agricole CIB.
L’exercice sera d’autant plus délicat que l’Espagne doit non seulement placer des titres à 3 ans, mais aussi à 10 ans. Lors de la dernière adjudication espagnole à 10 ans, réalisée début avril, le Trésor avait placé des titres à 5,34% contre 5,15% à l’opération précédente.
Depuis le début de l’année, le Trésor a privilégié les émissions de maturité courte afin de se caler sur celle des prêts à trois ans offerts par la BCE, d’attirer les investisseurs particuliers et de limiter les rendements offerts. «La part des émissions espagnoles entre 1 et 3 ans est passée de 19% au premier trimestre 2011 à 39% cette année», rappellent les stratégistes taux d’ING.
Un soutien de la Banque centrale européenne sur le marché semble incertain. La semaine dernière, elle n’a pas acquis de titres dans le cadre de son programme de rachat d’actifs (SMP) alors que le marché était déjà chahuté. Elle pourrait revenir sur le marché si le taux à 10 ans espagnol atteignait 6,5% et annoncer une troisième injection de liquidités (LTRO) à trois ans s’il passait au-dessus de 7,5%, anticipe Pavan Wadhwa, stratégiste chez JPMorgan, cité par Bloomberg.
La situation ne semble toutefois pas encore trop préoccupante. «Le nouvel écartement des spreads italiens et espagnols ne conduira pas automatiquement à un épisode comparable au second semestre 2011 en raison d’un rapport entre l’offre et la demande relativement meilleur, des progrès dans les réformes et de la mise en place d’un pare-feu pour la zone euro», estime Giuseppe Maraffino, stratégiste taux chez Barclays Capital.
Toutefois, ajoute-t-il, les événements et les décisions des semaines à venir seront très importants pour déterminer si les tensions actuelles prennent de l’ampleur ou si elles font seulement partie du processus de stabilisation après l’important rally du premier trimestre.
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