L’Espagne est prise dans l'étau de la dette des régions
Et de trois. Après les régions de Valence et de Murcie, la Catalogne a indiqué hier qu’elle envisage à son tour de demander l’aide du gouvernement espagnol même si rien n’est encore décidé. Cette perspective a de nouveau porté l’envolée du taux d’emprunt espagnol à 10 ans à des niveaux historiques, au-delà des 7,6%. De quoi renforcer les craintes de voir l’Espagne demander l’aide de l’Europe, comme la Grèce, l’Irlande ou le Portugal avant elle.
Interrogé par la BBC sur l’éventuelle intention de la Catalogne de solliciter l’Etat, Andreu Mas-Colell, le responsable de l’économie du gouvernement catalan a répondu positivement. «Oui. La situation actuelle est que la Catalogne ne dispose pas d’autre banque que le gouvernement espagnol», a-t-il admis.
Deuxième région d’Espagne derrière Madrid en termes de PIB alors qu’elle fut longtemps première, la Catalogne a perdu de sa superbe. En 2011, elle affichait un déficit public de 3,72% de son PIB, et selon le site El Confidencial, la région fait face à 13,5 milliards d’euros d'échéances de dettes sur l’année 2012 pour une dette nette totale de 48 milliards. La presse espagnole estime que d’autres régions à court de liquidités, Castille-La Manche, les Baléares, les Iles Canaries ou l’Andalousie devraient emboîter le pas rapidement et taper à la porte de Madrid.
Frappées par la crise de l’immobilier, les 17 régions espagnoles cumulent 145 milliards de dettes, un montant doublé depuis 2008, et qui représente 14% du PIB de la péninsule. Au deuxième semestre, près de 17 milliards de dettes viendront à échéance, ce qui fait dire à l’agence Moody’s que l’objectif de déficit public de 1,5% du PIB n’est pas tenable.
Le fonds d’aide aux régions lancé le 13 juillet doté de 18 milliards d’euros s’annonce insuffisant. Selon BNP Paribas CIB, en cas de scénario extrême si toutes les régions n’avaient plus accès aux marchés, alors leurs besoins de refinancement pourraient se chiffrer à 50 milliards supplémentaires d’ici à fin 2013. Pour le reste de l’année 2012, le programme d'émissions à moyen long terme du Trésor espagnol pourrait devoir augmenter de 22 milliards, calcule Deutsche Bank, en raison du fardeau des régions et du dérapage budgétaire. La taille initiale du programme a été fixé à 86 milliards, dont 59,3 milliards ont déjà été levés sur les marchés.
Plus d'articles du même thème
-
Tim Cook annonce son départ d’Apple
L’emblématique président-directeur général d’Apple sera remplacé par John Ternus dont le nom circulait déjà depuis plusieurs semaines. -
OPmobility maintient ses objectifs malgré la chute de ses revenus
L'équipementier automobile a enregistré une baisse de son chiffre d'affaires de plus de 6% au premier trimestre 2026. Les dirigeants visent toujours une hausse de la marge opérationnelle, du résultat net et du flux de trésorerie disponible cette année. -
Les retards de paiement sont soumis au crash test de la facture électronique
Ellisphere note un repli du retard moyen à 15,3 jours en France au premier semestre. Une tendance qui reste fragile. -
Atos prévoit une nouvelle baisse de ses ventes cette année
L'entreprise vise désormais un repli organique de son activité après une chute de 11% au premier trimestre. Les dirigeants accusent la volatilité de l'environnement économique. -
Les revenus de Thales continuent à être tirés par la défense
Sur les trois premiers mois de l'année, le groupe a enregistré une croissance de 7,2% et engrangé plus de 4,6 milliards d'euros de nouvelles commandes. -
Abenex réalise le premier closing de son fonds Industries 9.0
La société de gestion indépendante vise à lever 150 millions d’euros pour ce premier véhicule dédié à la décarbonation des PME industrielles , suivant une stratégie « brown to green ».
ETF à la Une
UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Groupama AM va sensibiliser les étudiants d’HEC Paris à la gestion d’actifs
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
Contenu de nos partenaires
-
Prix de l’énergie : les mesures d'aides aux entreprises vont se « poursuivre en mai », indique Roland Lescure
Alors que les prix du carburant ont flambé en raison de la guerre au Moyen-Orient, le ministre de l’Economie, Roland Lescure, indique que Sébastien Lecornu doit faire de nouvelles annonces « en fin de journée » -
Apple : Tim Cook va quitter la direction du groupe début septembre
Tim Cook va passer la main à John Ternus, responsable des produits physiques (de l’iPhone au Mac), début septembre et va devenir président du conseil d’administration de la firme à la pomme -
Immigration: Bruno Retailleau veut mettre l'Espagne « au ban des nations européennes »
Paris - Le candidat de LR à la présidentielle, Bruno Retailleau, veut «mettre à ban des nations européennes» l’Espagne du Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, après son annonce de régularisation massive de près d’un demi-million de sans-papiers pour soutenir l'économie de son pays. A rebours du durcissement migratoire observé dans une grande partie de l’Europe, l’Espagne a lancé il y a une semaine un vaste plan de régularisation de sans-papiers. «On ne peut pas supporter la régularisation massive telle que M. Sanchez la fait», a affirmé sur LCI le patron des Républicains qui craint que les immigrés qui obtiennent des papiers en Espagne ne traversent ensuite la frontière pour rejoindre la France. Considérant la décision du gouvernement de centre gauche espagnol «contraire à l’esprit européen», il a promis de «rétablir les contrôles aux frontières», assurant que la France était autorisée à adopter ce genre de mesure en cas de «crise». «Je mettrais (l’Espagne) au ban des nations européennes», a ajouté l’ancien ministre de l’Intérieur. Pour imposer cette mesure, le patron de LR compte sur les pays européens qui sont «en majorité» dirigés par la droite. «Heureusement aujourd’hui l’Europe a changé», a-t-il estimé. L’Espagne est l’une des trois principales portes d’entrée de l’immigration en Europe, avec l’Italie et la Grèce, majoritairement via son archipel des Canaries, au nord-ouest de l’Afrique. © Agence France-Presse