Le gouvernement central a placé la région sous tutelle et suspendu ses institutions politiques. Les marchés s’inquiètent.
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Antoine Landrot
Séance plénière du parlement catalan vendredi 27 octobre 2017, que nombre d’élus ont quitté avant le vote.
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Photo Parlament de Catalunya/Job Vermeulen.
Après de nombreuses tergiversations, le parlement catalan a franchi le Rubicon: il a adopté vendredi après-midi une motion d’indépendance. La résolution proclame que la communauté autonome devient un «Etat indépendant prenant la forme d’une république». Elle a été adoptée par 70 voix contre 10 (et deux votes blancs), mais en l’absence des élus du PSOE socialiste, du Parti populaire (droite) et de Ciudadanos (centre), qui ont quitté l’hémicycle avant le début du vote. Le parlement régional compte au total 135 députés. Les élus présents ont également voté l’ouverture d’un «processus constituant» pour séparer la Catalogne du reste de l’Espagne.
Le Sénat espagnol a répliqué dans la foulée en faveur de la mise en œuvre de l’article 155 de la Constitution, ce qui permet au gouvernement central de Mariano Rajoy d’administrer directement la région. Convoquant un conseil des ministres extraordinaire pour adopter les premières mesures de mise sous tutelle de la Généralité, il a destitué son président Carles Puigdemont, dissout l’assemblée régionale et a annoncé la tenue d'élections le 21 décembre. La vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz Santamaria, a été chargée de superviser le processus de reprise en main. Mais les indépendantistes ont appelé à une «opposition démocratique» à Madrid, ce qui augure d’une reprise en main difficile.
Les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) ont apporté leur soutien à l’unité espagnole. «Pour l’UE rien ne change. L’Espagne reste notre seule interlocutrice», a twitté Donald Tusk, le président du Conseil de l’UE, tout en appelant Madrid à préférer «la force de l’argument plutôt que l’argument de la force».
La Bourse a accusé le coup vendredi : l’indice phare Ibex 35 a terminé en baisse de 1,45% à 10.197,50 points, alors qu’il affichait une légère hausse en début de séance. Les banques catalanes Caixabank et Banco Sabadell ont perdu 2,74% et 4,85%. Les emprunts d’Etat à 10 ans ont aussi chuté, leur rendement progressant de 7 points de base (pb) à 1,61%. L’écart avec l’équivalent allemand s’est élargi de 9 pb à 121 par rapport à jeudi.
En raison de l’incertitude actuelle, JPMorgan a réduit sa prévision de croissance annuelle du PIB espagnol, en raison d’un ralentissement «au moins au dernier trimestre 2017 et au premier trimestre 2018», respectivement à 2,4% (contre 3%) et 2% (contre 2,5%). Avant le vote de vendredi, plus de 1.600 sociétés, dont plusieurs poids lourds de l’économie (Banco Sabadell, Caixabank, Gas Natural, Abertis...) avaient déjà transféré leurs sièges sociaux hors de la Généralité.
L’Agence internationale de l’énergie (IEA) a averti que l’absence d’avancées sur la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait faire entrer le marché en «zone rouge» cet été à cause de la réduction rapide des stocks.
Pour renforcer sa sécurité économique, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à nouer de nouveaux partenariats. Elle doit notamment signer une alliance commerciale renouvelée avec le Mexique.
Le groupe de défense allemand est revenu sur le marché obligataire jeudi 21 mai pour la première fois depuis 2010 avec une émission de 500 millions d’euros ayant attiré près de 6 milliards d'euros de demandes au pic, dans un marché très réceptif.
S’exposer aux marchés américains ou spéculer contre l’économie tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Voilà la promesse faite depuis quelques années par les principaux fournisseurs d’ETF.
Dimanche, la Chine a fait décoller sa fusée Longue Marche 2-F avec succès. L’engin transportait le vaisseau Shenzhou-23 et trois astronautes vers la station spatiale Tiangong. L’un d’eux va rester une année entière en orbite. Car Pékin voit loin et veut envoyer des humains sur la Lune d’ici 2030
« Magnifica humanitas » (« Humanité magnifique » en latin), la première encyclique du pape Léon XIV est publiée lundi 25 mai. Elle est consacrée à l’intelligence artificielle et pourrait avoir une grande portée dans un temps de révolution technologique