L’Espagne annonce des privatisations pour rassurer les marchés

La loterie nationale et la société des aéroports vont ouvrir leur capital, ce qui pourrait rapporter 14 milliards d’euros
Violaine Le Gall
Jose Luis Rodriguez Zapatero, photo: Bloomberg
Jose Luis Rodriguez Zapatero, photo: Bloomberg  - 

Les rendements sur la dette souveraine espagnole se sont détendus hier de 19 points de base (pb) à 5,24% et le spread à dix ans par rapport au Bund s’est réduit à 249 pb après un record mardi à 283 pb. L’anticipation de nouvelles mesures de la part de la BCE pour circonscrire la crise de la dette souveraine a permis cette détente. Par ailleurs, les obligations d’Etat espagnoles ont bénéficié des nouvelles initiatives du gouvernement pour réduire son déficit.

José Luis Zapatero a annoncé l’ouverture du capital de la loterie nationale et de la société des aéroports de Madrid et Barcelone, Aena. La première entreprise serait privatisée à hauteur de 30% et la seconde, de 49% maximum. Ces deux opérations pourraient rapporter un total de 14 milliards d’euros. Sur la base de l’Ebitda, la valeur d’entreprise d’Aena ressort à 30 milliards d’euros, selon des officiels espagnols, dont 12 milliards d’euros de dette. Pour l’heure, la forme des privatisations n’est pas encore décidée. L’entrée de partenaires financiers au capital ou une introduction en Bourse pourraient être envisagées.

Avec ces privatisations, le gouvernement cherche à éviter de devoir solliciter une aide internationale. Elles permettraient en effet de réduire significativement le déficit. En 2010, ce dernier doit s’élever à environ 100 milliards d’euros, soit 9,3% du PIB.

José Luis Zapatero est aussi revenu sur des mesures prises il y a à peine plus d’un an. L’aide mensuelle de 426 euros destinée aux chômeurs de longue durée sera ainsi supprimée en février prochain alors qu’elle avait été instaurée en août 2009 pour faire face à la montée du chômage. Enfin, des mesures en faveur des petites et moyennes entreprises seront aussi supprimées.

En septembre dernier, le gouvernement avait déjà adopté un budget d’austérité pour 2011. Pour ramener le déficit budgétaire à 6 % du PIB, il avait alors annoncé une réduction des dépenses de l’Etat et une hausse d’impôt sur les revenus les plus élevés.

La situation économique ne devrait pas faciliter la tâche du gouvernement. En 2011, le PIB devrait faiblement progresser de 0,7 % et le taux de chômage restera très élevé, à 20,2 % d’après les dernières prévisions de la Commission européenne.

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