L’Espagne affronte aujourd’hui une émission obligataire sous haute tension
Alors que la prime de risque se maintient à un niveau record, le Trésor espère placer jusqu'à 3,5 milliards d’euros sur le marché
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Elodie Cuzin, à Madrid
Le Trésor espagnol insistait hier sur la «normalité» des préparatifs de l'émission obligataire prévue ce matin. Elle a cependant pris une dimension stratégique alors que les tensions se maintiennent sur la zone euro et que la prime de risque de l’Espagne, le différentiel entre les obligations espagnoles et le Bund allemand, a pulvérisé un nouveau record hier matin en atteignant 407 points de base.
L’Espagne espère lever entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros avec une émissions de «bonos» à 3,4%. Le Trésor prévoit aussi la réouverture d’une ligne d’obligations à dix ans qui arrivent à échéance en 2015. Le rendement des obligations à dix ans a dépassé 6,4% hier dans la matinée tandis que la Bourse de Madrid a modéré sa chute en clôturant dans le rouge avec une baisse de 0,85%. L’Espagne avait dû offrir un taux marginal de 4,32% le 7 juillet dernier pour lever 1,5 milliard d’euros en bonos à trois ans.
«L'émission obligataire arrive dans un moment de tension maximale», reconnaît José Carlos Díez, économiste en chef d’Intermoney, tout en rappelant que lors du précédent pic de tension sur les marchés, la semaine suivant la dernière réunion de l’Eurogroupe en juillet, le Trésor et le fonds public de restructuration du secteur financier (Frob) ont pu placer près de 10 milliards d’euros. «L’Espagne a un problème de liquidités mais pas de solvabilité», explique-t-il.
Les banques espagnoles devraient souscrire majoritairement l'émission obligataire d’aujourd’hui, alors que les institutions étrangères étaient les plus nombreuses à participer jusqu’en avril, rappelle l'économiste. Le taux d’endettement de l’Espagne devrait rester sous la barre des 70% du PIB en 2011 contre une moyenne européenne de 84%. Le service de la dette coûtera 2,2% du PIB cette année. Mais son augmentation rapide peut inquiéter les marchés puisqu’il ne représentait que 1,9% en 2010.
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