L’Espagne a connu une crise encore plus profonde que prévu en 2010 et 2011
La crise économique espagnole a été encore plus profonde qu’estimé ces dernières années. Les chiffres publiés par le bureau national des statistiques hier suggèrent que le pays devra redoubler d’efforts pour retrouver le chemin de la croissance alors qu’il est soumis à un plan d’austérité drastique et que le gouvernement n’a pas chiffré définitivement le besoin de recapitalisation des banques.
Contrairement aux précédentes estimations, le PIB espagnol n’a crû que de 0,4% en 2011 (contre 0,7%) et a reculé de 0,3% en 2010 (contre -0,1%). L’évolution du PIB en 2009 et 2008 n’a pas été corrigée. L’activité s’est repliée de 3,7% après avoir tout juste atteint 0,9%. Pour cette année, le Fonds Monétaire International a estimé que la croissance devrait reculer de 1,7%. Elle se replierait de 1,2% en 2013 avant de repasser dans le vert à 0,9% en 2014.
Dans un entretien à l’International Herald Tribune hier, le ministre de l’Economie espagnol, Luis de Guindos assure que la collecte de l’impôt sur le revenu est pour l’instant en ligne avec les prévisions et qu’une récession plus longue que prévu ne devrait pas empêcher le pays de tenir ses engagements budgétaires. Le pays a promis de ramener son déficit de 8,9% à 6,3% du PIB cette année, à 4,5% en 2013 et à 2,8% en 2014.
Le gouvernement de Mariano Rajoy a décidé d’un plan de rigueur drastique. Il comprend une augmentation de la TVA de 3 points à 21% dès septembre, une suppression de la prime de Noël des fonctionnaires et une baisse des aides apportées aux chômeurs. Dans son interview, le ministre de l’Economie assure que le pays pourrait bénéficier d’une intervention de la BCE sur les marchés de la dette souveraine.
Même si la perspective d’une intervention sur le marché de la dette est très contestée par la banque centrale allemande, elle a favorisé la détente des rendements des titres nationaux, surtout de court terme. Ceux des obligations d’Etat à 10 ans étaient à 6,3% hier en baisse de près de 35 points de base sur un mois. Pour les titres à deux ans, la baisse est de 156 pb, à 3,48%.
A la fin du mois, le gouvernement devrait surtout recevoir les conclusions de l’audit du secteur bancaire mené par le cabinet Oliver Wyman. D’après Luis de Guindos, les besoins de recapitalisation des banques, à combler par le plan de sauvetage européen, devraient avoisiner les 60 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- La Région Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel d'offres pour un fonds défense de 100 millions d'euros
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- La frontière entre actifs cotés et non cotés s'estompe dans les allocations institutionnelles
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Les zinzins de l'espace sont prêts pour le décollage boursier de SpaceX
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter