Les ventes de Treasuries des émergents tirent les taux américains vers le haut
Le stock d’emprunts d’Etat américains détenus par les banques centrales étrangères a connu en septembre sa plus forte contraction depuis août 2007
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Patrick Aussannaire
Le renversement des politiques monétaires de la part des émergents fait repartir le rendement des obligations américaines à la hausse. La Fed a indiqué que le montant des emprunts d’Etat américains détenus par les banques centrales étrangères s’est contracté de 76,5 milliards de dollars sur les sept dernières semaines, soit la plus forte baisse des encours depuis août 2007.
Les réserves en dollars détenues par la banque centrale du Brésil se sont réduites de 1% en septembre à 349.7 milliards, la première baisse depuis avril 2009, et celles par la banque centrale de Taiwan de 2,8%, la plus forte baisse depuis août 2008.
Combattant la chute de leurs devises, les banques centrales des pays émergents se sont lancées dans des politiques de vente du dollar. Le real brésilien a chuté de 9,8% depuis juin dernier. Dans le même temps, la banque centrale a mis fin à son resserrement monétaire en baissant ses taux de 50 bp à 12%. «La banque centrale n’a pas acheté de dollars sur le marché le mois dernier, alors que les entrées de capitaux se sont réduites» explique le fonds brésilien BES.
Le dernier rapport du Trésor fait état d’une baisse des Treasuries détenus par les investisseurs étrangers de 0,7% en juin et juillet à 4.480 milliards de dollars, ramenant le gain annuel de 1%, contre une hausse de 20% en 2009 et 2010 et une hausse moyenne de 17% depuis 2001.
Le rendement des obligations américaines à 10 ans est passé d’un plus bas de 1,7%, à 2,27% lundi matin et le 30 ans de 2,69% à 3,23%. L’indice de l’IntercontinentalExchange retraçant l’évolution du dollar contre un panier de 6 devises montre une hausse du billet vert de 6,3% le mois dernier. Les comptes spéculatifs sont repassés vendeurs de T-Notes 10 ans malgré l’opération Twist dela Fed. «Il s’agit probablement d’une normalisation de ce marché lié à un regain d’appétit pour les actifs risqués» explique Natixis.
Seule consolation, les achats des sociétés de gestion domestiques et des banques ont permis d’équilibrer le marché. Les détentions de titres d’Etat par les banques ont atteint 1.670 milliards de dollars le mois dernier, contre un record de 1.690 milliards en mai. Pimco notamment, est venu au secours des taux américains. Après le fiasco de sa position vendeuse sur les obligations du Trésor depuis février, Bill Gross a inversé sa position pour parier sur le succès de l’opération Twist de la Fed destinée à faire baisser les taux. Sans réussite pour l’instant.
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