«Les valorisations ne devraient pas augmenter aux Etats-Unis»
- L’Agefi : Le CAC 40 s’est rapproché de votre objectif à un an. Quels éléments pourraient vous inciter à relever vos attentes ?
- Mathieu l’Hoir: Le risque politique reste présent. Le nouveau gouvernement grec a opté pour une ligne dure vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux. Mais l’actuel programme d’aide financière s’achève ce mois-ci, un préalable au maintien par la BCE de la liquidité pour les banques grecques. Un échec à proroger ce programme forcerait en dernière instance la BCE à couper l’alimentation vitale du secteur bancaire. Ceci met la BCE face à un dilemme : enfreindre les règles ou provoquer un effondrement du système bancaire grec. Néanmoins une telle décision relève des responsables politiques. Comme toutes les parties concernées ont ouvertement déclaré leur volonté que la Grèce reste dans la zone euro, une nouvelle prorogation du programme existant est probable. Si cela se concrétise, nous reverrons à la hausse notre cible sur le CAC40.
- Le S&P 500 a-t-il atteint un pic en matière de valorisation ?
- Nous pensons effectivement que les valorisations ne devraient pas augmenter aux Etats-Unis. La chute des prix du brut met les compagnies pétrolières sous forte pression. Parallèlement, l’appréciation du dollar a déjà fait ses premières victimes (Caterpillar, Procter & Gamble et Microsoft, pour n’en citer que quelques-unes). Ensuite, la faiblesse de la croissance de la productivité et l’accélération attendue des salaires font craindre des pressions à la baisse sur les marges bénéficiaires des entreprises. Toutefois, la fermeté de la demande intérieure soutenue par les dépenses des ménages devrait garantir une modeste hausse des bénéfices, ce qui nous semble tout juste suffire pour justifier les niveaux de cours actuels.
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