Les valeurs industrielles continuent d’intégrer un scénario qui paraît trop optimiste
Delphine Georges, stratégiste actions chez CAAM
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Bruno de Roulhac
L’Agefi: Les premiers résultats 2008 vous incitent-ils à modifier votre allocation sectorielle?
Delphine Georges : Les principaux facteurs d’amélioration depuis le début de l’année, à savoir la reprise vigoureuse des émissions corporate et le léger rebond des perspectives dans l’industrie manufacturière interrompant six mois de baisse, ne nous incitent pas à revoir fondamentalement le biais plutôt défensif. Le redressement des profits et la sortie de récession de l’immobilier américain semblent encore trop éloignés.
Quels compartiments offrent le plus important potentiel de rebond?
Il paraît aujourd’hui opportun de commencer à surveiller parmi les cycliques, les titres dont les valorisations et les attentes sur les profits se sont ajustées significativement à la baisse et dont les bilans sont solides. Les valorisations des matériaux paraissent désormais abordables, même en émettant des hypothèses pessimistes sur les résultats. Les valeurs industrielles, en revanche, continuent d’intégrer un scénario qui paraît trop optimiste. Elles continuent de se traiter en relatif bien au-delà des niveaux des précédentes récessions. La dégradation de ce secteur n’a été que timide à l’automne lors de l’ajustement drastique des perspectives macroéconomiques. Les plans de relance ainsi que des espoirs de reprise de l’investissement en Chine expliquent en partie cet optimisme qui paraît prématuré. Les attentes bénéficiaires ne se sont pas ajustées suffisamment, le consensus anticipe toujours une hausse du BPA en 2009 (+2%) pour ce secteur alors que l’investissement devrait chuter sur fond de resserrement du crédit, de plongeon de la confiance des entreprises et du taux d’utilisation des capacités.
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