Les turbulences en zone euro ne laissent aucun répit aux investisseurs

Les places boursières mondiales ont vécu hier une nouvelle séance chahutée, les Européens ne parvenant pas à susciter un climat de confiance
Antoine Duroyon

Les marchés n’en finissent pas de broyer du noir. Au lendemain d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg, qui a laissé bon nombre de questions sans réponses, la nervosité des investisseurs a redoublé d’intensité avec l'évocation insistante d’une mise à contribution plus importante des créanciers privés. Par l’intermédiaire de son ministre des Finances, Berlin a évoqué la réactivation de mesures prises en 2008 pour éviter une crise bancaire.

Paris affichait hier à la clôture un repli de 2,61% à 2.850 points, tandis que la Bourse d’Athènes s’est effondrée de 6,28%. L’indice paneuropéen FTS Eurofirst 300 est ressorti en baisse de 2,78%, les valeurs bancaires étant particulièrement malmenées, avec l’indice sectoriel Stoxx Europe 600 accusant un recul de 2,79%. Face au billet vert, l’euro a touché hier un plus bas de neuf mois, à 1,3145 dollar. Le discours de Ben Bernanke a toutefois fait repartir la monnaie unique à la hausse.

Les craintes ont également essaimé aux Etats-Unis. Tombant à 1.077 points en séance, le S&P 500 s’est établi à un niveau inférieur de 20% au plus haut de trois ans atteint en avril, signifiant ainsi l'émergence d’un «bear market». L’indice a toutefois rebondi pour clôturer sur un gain de 2,25% à 1.124 points. Dans les émergents, l’indice boursier brésilien Bovespa a cédé plus de 2%. Le «flight to quality» a profité aux emprunts d’Etat américains. Le rendement des obligations à trente ans a reculé de 146 points de base au troisième trimestre, la baisse la plus importante depuis le dernier trimestre de 2008 (164 points de base). «Le marché s’est prononcé sur ce qu’il considère comme un refuge et a choisi les Treasuries», a commenté John Briggs, stratège obligataire chez RBS Securities.

Les analystes de Goldman Sachs ont fait part hier de leur morosité et prévoient une volatilité supplémentaire importante sur la période. «Beaucoup de choses reposeront sur les progrès (ou leur absence) de solutions crédibles pour empêcher une contagion en Europe», soulignent-ils. A plus lointaine échéance, S&P, estime de son côté à environ 40% la probabilité de voir l’Europe occidentale entrer dans une nouvelle phase de récession l’an prochain. Bien qu’elle pense que le scénario d’un «double-dip» puisse être évité, l’agence perçoit un accroissement des risques baissiers. Elle a réduit une nouvelle fois ses prévisions de croissance du PIB pour 2012, à 1,1% en zone euro.

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