Les turbulences en zone euro ne laissent aucun répit aux investisseurs
Les marchés n’en finissent pas de broyer du noir. Au lendemain d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg, qui a laissé bon nombre de questions sans réponses, la nervosité des investisseurs a redoublé d’intensité avec l'évocation insistante d’une mise à contribution plus importante des créanciers privés. Par l’intermédiaire de son ministre des Finances, Berlin a évoqué la réactivation de mesures prises en 2008 pour éviter une crise bancaire.
Paris affichait hier à la clôture un repli de 2,61% à 2.850 points, tandis que la Bourse d’Athènes s’est effondrée de 6,28%. L’indice paneuropéen FTS Eurofirst 300 est ressorti en baisse de 2,78%, les valeurs bancaires étant particulièrement malmenées, avec l’indice sectoriel Stoxx Europe 600 accusant un recul de 2,79%. Face au billet vert, l’euro a touché hier un plus bas de neuf mois, à 1,3145 dollar. Le discours de Ben Bernanke a toutefois fait repartir la monnaie unique à la hausse.
Les craintes ont également essaimé aux Etats-Unis. Tombant à 1.077 points en séance, le S&P 500 s’est établi à un niveau inférieur de 20% au plus haut de trois ans atteint en avril, signifiant ainsi l'émergence d’un «bear market». L’indice a toutefois rebondi pour clôturer sur un gain de 2,25% à 1.124 points. Dans les émergents, l’indice boursier brésilien Bovespa a cédé plus de 2%. Le «flight to quality» a profité aux emprunts d’Etat américains. Le rendement des obligations à trente ans a reculé de 146 points de base au troisième trimestre, la baisse la plus importante depuis le dernier trimestre de 2008 (164 points de base). «Le marché s’est prononcé sur ce qu’il considère comme un refuge et a choisi les Treasuries», a commenté John Briggs, stratège obligataire chez RBS Securities.
Les analystes de Goldman Sachs ont fait part hier de leur morosité et prévoient une volatilité supplémentaire importante sur la période. «Beaucoup de choses reposeront sur les progrès (ou leur absence) de solutions crédibles pour empêcher une contagion en Europe», soulignent-ils. A plus lointaine échéance, S&P, estime de son côté à environ 40% la probabilité de voir l’Europe occidentale entrer dans une nouvelle phase de récession l’an prochain. Bien qu’elle pense que le scénario d’un «double-dip» puisse être évité, l’agence perçoit un accroissement des risques baissiers. Elle a réduit une nouvelle fois ses prévisions de croissance du PIB pour 2012, à 1,1% en zone euro.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an. -
Federated Hermes s’adjoint un responsable des opportunités de crédit européennes
Il s’agit de Carlos Gross, un ancien d’Alcentra. -
PAI Partners et EQT cèdent World Freight Company à Brookfield
Le spécialiste français de la commercialisation de capacités de fret aérien change de mains sur la base d'une valorisation de 1,2 milliard de dollars, en retrait par rapport aux ambitions initiales d'au moins 1,5 milliard. -
Brookfield collecte 67 milliards de dollars depuis le début de l’année
Le gestionnaire alternatif canadien a également annoncé la fusion entre Brookfield Corporation et son activité d’assurance.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries