Les titres des agences sont essentiels à l’atteinte des objectifs de la BCE
Dans le cadre de son programme de rachats d’obligations (QE) qui a débuté hier et qui devrait s’étaler jusqu’au mois de septembre 2016, la BCE sera amenée à se porter vers les titres d’agences nationales et supranationales cotés sur le marché secondaire si elle souhaite atteindre son objectif de 60 milliards d’euros d’achats mensuels.
«Qualitativement, nous pensons que la BCE privilégiera les noms les plus liquides, à savoir la Cades, l’Unedic, KfW pour les agences, et le FESF, la BEI, le MES et l’UE pour les supranationaux», indiquait Natixis avant que la banque centrale confirme ces choix la semaine dernière.
De son côté, RBS estime que la BCE dispose d’un montant total cumulé de 427 milliards d’euros d’obligations d’agences nationales sur des maturités allant de moins de 2 ans à plus de 10 ans. Sur ce montant, les titres KfW concentreraient 42% du stock avec 179,2 milliards, et la Cades 22% avec 93,6 milliards. L’encours se monte à 52,8 milliards pour celles de NRW Bank, à 22,6 milliards pour celles de Renten, à 21,4 milliards pour celles de l’Unedic et à 43,9 milliards pour celles de l’espagnol ICO.
Pour les agences supranationales, le montant total des actifs à disposition atteint 547 milliards, selon RBS. Il comprend notamment 229,2 milliards d’euros (42% du total) de titres de la BEI, 196 milliards (36% du total) du FESF, 45,7 milliards (8% du total) du MES, et 54,3 milliards (10% du total) de l’Union européenne. Le reliquat de trois autres agences pesant à hauteur de 22 milliards d’euros, soit 4% du montant total. Un montant cumulé de 973,7 milliards d’euros qui vient compléter les 4.509 milliards d’obligations d’Etat dont la disponibilité est sujette à débat.
La documentation technique fournie la semaine dernière par la BCE suggère «qu’au cas où une banque centrale nationale ne parviendrait pas à atteindre son objectif calculé sur la base de sa quote-part au capital de la BCE en raison d’un manque de titres disponibles sur le marché, «des achats de substitution seraient envisagés» (titres d’agences nationales et supranationales) afin que l’objectif mensuel soit atteint», rappelle ainsi CA CIB.
Sur les deux premiers mois de l’année, les volumes d’émissions des agences et institutions supranationales ont reculé de 35% sur un an à 56,2 milliards d’euros, les émetteurs s’étant montrés «attentistes» avant le lancement du QE de la BCE, selon Natixis qui anticipe ainsi un volume primaire «plus généreux» en mars.
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