«Les titres de l’univers crédit avec un rendement absolu négatif sont l’exception»

Samir Bederr, responsable de la gestion crédit et convertibles à La Banque Postale Asset Management
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Quelles sont les conséquences de l’apparition de rendements négatifs sur la dette corporate?

- Samir Bederr : Parler de généralisation de rendements négatifs sur le crédit est très excessif. Seuls les émetteurs avec un rating supérieur ou égal à AA- peuvent y prétendre, et ceux-ci représentent à peine 12,5% de l’encours global de l’univers investment grade. De plus, pour atteindre un rendement négatif, il faut que les titres de ces émetteurs soient à court terme (moins de deux ans) et traitent à un spread au moins égal à Euribor -10 ou -15, ce qui est très rare. En résumé, les titres de l’univers crédit avec un rendement absolu négatif sont l’exception. Je rappelle également que, contrairement aux attentes des investisseurs, la BCE n’a pas envisagé d’acheter des titres corporates dans le cadre de son quantitative easing. Bien évidemment, l’effet d’éviction naturel créé par la raréfaction de tous les autres actifs que la BCE va acheter, va contribuer à renchérir le crédit. De même, les émetteurs ont tendance à émettre sur des maturités de plus en plus longues car le coût global du crédit est historiquement bas pour eux. Un allongement de la maturité moyenne des indices crédit est d’ailleurs perceptible depuis 18 mois.

- Dans ce contexte, quelle est votre stratégie?

- Il faut s’habituer à vivre dans cet environnement, où les rendements du crédit IG peuvent paraître bas au regard du passé, mais sont amenés à perdurer avec un rendement moyen autour de 1-1,25%. Pour ceux de nos clients dont l’appétit pour le risque le permet, nous croyons particulièrement au cross-over (rating BBB-BB), de préférence sur des maturités 1-5 ans.

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