Les tensions sur les spreads accentuent la prudence du « Panel Crédits »
Les panélistes tablent sur une stabilité des spreads en octobre après les fortes tensions des deux derniers mois
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Violaine Le Gall
L’incertitude sur le règlement de la crise de la dette européenne a finalement continué de peser sur le marché obligataire du crédit le mois dernier. Alors que les membres du Panel Agefi Crédits s’attendaient à une stabilisation des spreads début septembre, les indices se sont encore tendus. L’attente du vote de la réforme du Fonds européen de stabilité financière dans les pays membres de l’euro et la perspective d’une croissance très molle en 2012 se sont traduits par une hausse de 185 points de base (pb) de l’indice iTraxx Crossover qui suit l'évolution du coût de la protection contre le risque de défaut des émetteurs européens les plus risqués. Il traite à présent à 831 pb. Les CDS sur la dette bancaire se sont écartés jusqu'à mi-septembre.
Puis, les anticipations d’un élargissement du rôle de l’EFSF et d’un assouplissement de la politique monétaire ont apaisé les craintes. Finalement, l’indice iTraxx sur la dette financière senior s'écarte sur un mois de 39 pb à 270 pb, après avoir atteint un sommet à 314 pb.
Comme début septembre, un peu plus de quatre panélistes sur dix anticipent une stabilisation des spreads. Après la sévère correction des mois d’août et de septembre, CCR AM a relevé sa perspective de neutre à positive, La Banque Postale AM de négative à neutre et Pioneer Investments de négative à positive. A l’inverse, DWS Investments et Swiss Life AM restent sur leurs gardes, en passant tous deux de positive à neutre. Axa IM passe même de neutre à négative.
La crise de l'été pourrait être créatrice d’opportunité dans la classe d’actifs. Les membres du panel sont à présent 38% à la surpondérer, contre 32% le mois dernier. Trois d’entre eux ont même renforcé leur exposition. CCR AM passe ainsi de sous-pondérer à surpondérer, CPR AM de sous-pondérer à neutre et Nordea de neutre à surpondérer. La prudence demeure cependant avec 43 % des panélistes à neutre sur le crédit. DWS Investments renforce quant à lui sa vigilance en abaissant son exposition de neutre à sous-pondérer.
L’aversion pour le risque a conduit la plupart des gestionnaires à privilégier les titres les mieux notés, A. C’est notamment le cas d’Axa IM et de CCR AM qui préfèrent maintenant les émissions notées A et A/AA respectivement au détriment des titres notés BBB. Les obligations à haut rendement ne sont pas pour autant complètement abandonnées. Cinq sociétés de gestion, à savoir Allianz Global Investors France, BNP Paribas AM, JPMorgan AM, Lazard Frères Gestion et La Française AM citent les titres à haut rendement dans leur catégorie de notation préférée, contre trois seulement début septembre. Sur le marché primaire, le segment du high yield ne s’est toutefois pas véritablement rouvert, seuls les émetteurs les plus reconnus ayant pour le moment accès au marché. C’est par exemple le cas d’Areva et d’Unibail-Rodamco qui ont levé chacun 500 millions d’euros la semaine dernière.
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